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6 mai 2015 3 06 /05 /mai /2015 10:31

Monsieur Cazeneuve apaise les craintes que suscite la loi sur les écoutes par le mérite de sa personne : Homme intègre, juste, humain, il nous laisse entendre que, quand bien même il aurait les pouvoirs de Zeus, jamais, au grand jamais, il ne les utiliserait à mauvais escient… Et bien je le crois !...

Sauf que la question n’est pas là : Bernard Cazeneuve nous parle de vertu quand le principe républicain repose sur la loi. Il nous parle d’un temps révolu où il y avait plus de charité que de solidarité, plus de morale que d’éthique et plus de dignité que de droits de l’homme. D’un temps où cent espions en faisaient moins qu’un algorithme.

Moi je dis que si le Chef des Armées ne peut éviter à certains de ses hommes des comportements de soudards, le chef de la police ne pourra éviter que certains de ses éléments utilisent les écoutes à des fins personnelles, vénales ou politiques. Ne nous leurrons pas : de tels agissements existent mais pour le moment ils sont hors la loi. Dans la déclaration des droits de l’homme de 1948 il est bien spécifié que « Toute personne a droit à la protection de la loi contre de telles immixtions ou de telles atteintes »

En faisant sauter le verrou de la loi Manuel Valls fait reposer la sauvegarde de l’intimité du citoyen sur la vertu de ceux qui exploitent les écoutes. C’est une transgression fondamentale de l’esprit de 1789… « Je ne voudrais pas faire mon ami d’un homme qui aurait eu un prix de vertu, je craindrais de trouver en lui un tyran implacable » dit Baudelaire.

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4 mai 2015 1 04 /05 /mai /2015 13:49

Imaginez une République où, depuis son palais, le Président décide de tout. Une République où l’Assemblée Nationale est à sa botte ou muselée par l’article 49.3 à la moindre velléité d’insoumission. Une République qui limite au bavardage le droit du Sénat.
Une République dont le Premier Ministre, ancien patron de la police, dispose de moyens légaux pour s’immiscer secrètement dans la vie des gens.*

Imaginez une République qui, dès leur plus jeune âge, utilise l’école pour faire croire aux enfants qu’il suffit que l’esclave ait la possibilité de choisir son maitre pour qu’il devienne un citoyen libre dans un monde d’égalité.

Imaginez une République qui fait la joie des élus : Un mandat électif pour 104 habitants contre 2600 pour la Grande Bretagne…Quatre fois supérieur à celui des Etats-Unis.

Imaginez un peuple anesthésié disciple de Pangloss : « Il est démontré que les choses ne peuvent être autrement : Remarquez bien que les nez ont été faits pour porter des lunettes, aussi avons-nous des lunettes, cette république étant faite pour les politiques aussi avons-nous beaucoup de politiques » : Tout est bien dans la meilleure République… « Pourvou que ça douré !"

» *J'exagère ? Je dramatise ? Jetez un coup d'œil sur les classements internationaux, simplement du point de vue des libertés individuelles : la France détient la quatrième place des pays les plus condamnés par la Cour européenne des droits de l'homme pour violation de son article 10 protégeant la liberté d'expression - juste derrière la Turquie, l'Autriche et la Russie.

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2 mai 2015 6 02 /05 /mai /2015 08:26

A l’occasion du défilé du premier mai, Manuel Valls tweet : « le spectacle effrayant d'une extrême droite qui ne change pas ». « Effrayant » ! Le discours de la crainte est récurant chez le Premier Ministre. Si ses mots font peur à beaucoup de gens, nombre de politiques pensent que créer de la sorte un climat d’angoisse est carrément dangereux. C’est le cas de François Bayrou qui fustige le « vocabulaire inadapté » de Manuel Valls.

En ce qui me concerne, j’y vois un truc bien connu qui consiste à utiliser le concept de la dangerosité et du terrorisme pour soutenir des intérêts politiques.* C’est un procédé vieux comme le monde : Dans l’Antiquité, le Sénateur Grassus avait profité de la révolte des esclaves pour distiller la terreur dans Rome et devenir Consul.

Dans « Le Prince » il est donné comme bonne politique de maintenir la peur, à condition qu’elle ne se transforme pas en haine. Encore faut-il savoir la manipuler avec assez de finesse pour ne pas entacher la légitimité du pouvoir. Or la cinquième république offre, en ce domaine, des possibilités limites : Président monarque, Assemblée godillot, Sénat impuissant, 49.3…Il ne manque plus qu’un Premier Ministre autoritaire et la légalisation des écoutes de masses.

Je ne pense pas que le FN puisse accéder au niveau national, mais la meilleure façon de le contrer serait de lui opposer de bons résultats et un climat apaisé. Il ne suffit pas que le Premier Ministre dise et répète « l’enfer c’est les autres » pour qu’on se croie au paradis.

* Voir Discours de Martin Scheinin rapporteur de l’ONU contre le terrorisme.

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27 avril 2015 1 27 /04 /avril /2015 08:46

En 2012 Manuel Valls accusait Eric Ciotti de favoriser le terrorisme (le retour du terrorisme dans ce pays c’est vous). Ce même Eric Ciotti est aujourd’hui Président de la commission d'enquête parlementaire sur la surveillance des filières et des individus djihadistes. (Cherchez l’erreur).

La Présidente de l’INA (qui dispose le jour d’une voiture de fonction avec chauffeur) utilise le soir et le we des taxis à hauteur de 40.000 euros en dix mois. La nuit, notre Président circule en scooter. (Cherchez l’erreur)

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24 avril 2015 5 24 /04 /avril /2015 16:40

Je signe la Pétition de Thomas Guénolé et Katerina Ryzhakova contre le projet de loi relatif au renseignement qui prévoit de légaliser le droit pour les services secrets d'accéder à toutes nos données personnelles car je refuse « le chantage à la menace terroriste érigé en argument d’autorité anti-libertés »

Je réfute l’argument selon lequel « légaliser le droit pour les services secrets de lire tout courriel, d’écouter toute conversation téléphonique, de lire tout SMS, de mettre tout espace privé sur écoute, de traquer l’utilisation de toute carte bleue, de tout téléphone, de tout passe transport » est de nature à éviter de nouveaux attentats.

J’en donne pour preuve que les auteurs de ces crimes (Mohammed Merah, Cherif Kouachi, Said Kouhachi, Amedi Koulibaly, Ahmed Ghlam) étaient déjà connus et suivis par les services de police, ce qui ne les pas empêché de commettre leurs forfaits. La faille (car faille il y a) est donc ailleurs--- Par contre cette loi donne à l’exécutif d’énormes moyens d’espionnage de masse avec les risques de dérives que cela comporte.

En 1948 les cinquante-huit États Membres qui constituaient alors l’Assemblée générale de l’ONU ont adopté la Déclaration universelle des droits de l’homme à Paris. Je m’en tiens à l’article 12 qui dit ceci : « Nul ne sera l'objet d'immixtions arbitraires dans sa vie privée, sa famille, son domicile ou sa correspondance, ni d'atteintes à son honneur et à sa réputation. Toute personne a droit à la protection de la loi contre de telles immixtions ou de telles atteintes »

Je m’élève contre une loi qui va donner à la police le droit de s’immiscer dans l’intimité d’une majorité de citoyens parfaitement honnêtes, qui devraient, tout au contraire, être protégés contre de telles atteintes.

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22 avril 2015 3 22 /04 /avril /2015 13:16

En 1940 la République* cède le pas à « L’Etat Français »… La France ne redevient République** qu’en 1946.

Mais c’est en 1948, par son adhésion à la Déclaration Universelle des Droits de l’homme et du Citoyen, que la République Française rompt solennellement avec le passé sulfureux du régime de Vichy : « Considérant que la méconnaissance et le mépris des droits de l'homme ont conduit à des actes de barbarie qui révoltent la conscience de l'humanité et que l'avènement d'un monde où les êtres humains seront libres de parler et de croire, libérés de la terreur et de la misère, a été proclamé comme la plus haute aspiration de l'homme » « Considérant qu'il est essentiel que les droits de l'homme soient protégés par un régime de droit pour que l'homme ne soit pas contraint, en suprême recours, à la révolte contre la tyrannie et l'oppression »

Dans son article 12 la Déclaration énonce : « Nul ne sera l'objet d'immixtions arbitraires dans sa vie privée, sa famille, son domicile ou sa correspondance, ni d'atteintes à son honneur et à sa réputation. Toute personne a droit à la protection de la loi contre de telles immixtions ou de telles atteintes » Nul ne peut se dire Républicain s’il déroge en quoi que soit au principe sacré du droit absolu au respect de l’intimité de l’individu.

Cependant l’article 29 précise : 1. L’individu a des devoirs envers la communauté dans laquelle seul le libre et plein développement de sa personnalité est possible.

2. Dans l'exercice de ses droits et dans la jouissance de ses libertés, chacun n'est soumis qu'aux limitations établies par la loi exclusivement en vue d'assurer la reconnaissance et le respect des droits et libertés d'autrui et afin de satisfaire aux justes exigences de la morale, de l'ordre public et du bien-être général dans une société démocratique"

Il est donc clair que celui qui ne se conduit pas correctement, celui qui ne respecte pas les lois de la République, doit être poursuivi et empêché de nuire. Mais cela ne peut se faire qu’à titre individuel, sous contrôle de la Justice et toute surveillance de masse est exclue.

Quelles que soient les raisons, quels que soient les prétextes qui conduisent aujourd’hui à autoriser l’espionnage de masse, nul ne peut se prévaloir d’être authentiquement, viscéralement, Républicain, s’il autorise l’Etat à des méthodes qui ressemblent, puissance méga, à celles prêtées à Patrick Buisson.

Ceux qui à droite sous le label « Les Républicains » approuvent et votent de telles lois sont des usurpateurs***

* Troisième

** Quatrième

*** Encore faut-il s’entendre sur le sens du mot République. L’Allemagne de l’Est se nommait RDA. (République Démocratique Allemande)

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20 avril 2015 1 20 /04 /avril /2015 09:24

Ce n’est qu’après avoir perdu un être ou une chose que l’on mesure l’importance qu’il avait. Cela explique pourquoi les français restent impassibles devant l’action menée pour les priver de liberté.

Ainsi qu’il fût déjà, la prise de conscience ne viendra qu’après. Pour le moment les français approuvent leurs députés, droite et gauche confondus, qui vont voter la loi autorisant l’exécutif* à s’immiscer par tous moyens jugés utiles dans la vie privée du citoyen, dans sa famille, son domicile, sa correspondance…

Au premier alinéa du préambule de la Constitution de 1958 il est dit ceci : « Le peuple français proclame solennellement son attachement aux Droits de l'homme et aux principes de la souveraineté nationale tels qu'ils ont été définis par la Déclaration de 1789, confirmée et complétée par le préambule de la Constitution de 1946, ainsi qu'aux droits et devoirs définis dans la Charte de l'environnement de 2004 »

On y affirme l’attachement indéfectible du peuple français pour les déclarations du droit de l’homme de 1789 et 1946 dont le préambule affirme que « les Etats Membres se sont engagés à assurer, en coopération avec l'Organisation des Nations Unies, le respect universel et effectif des droits de l'homme et des libertés fondamentales » et dont l’article 12 stipule que « Nul ne sera l'objet d'immixtions arbitraires dans sa vie privée, sa famille, son domicile ou sa correspondance, ni d'atteintes à son honneur et à sa réputation. Toute personne a droit à la protection de la loi contre de telles immixtions ou de telles atteintes »

Sans doute, suite à l’habitude que les gouvernements, de droite ou de gauche, ont de pratiquer le paralogisme et le sophisme, le Premier Ministre et le Ministre de l’intérieur n’hésitent pas à dire que leur loi, qui a pour objet la surveillance de masse,** ne contrevient pas à la déclaration des droits de l’homme alors qu’elle substitue «le droit de toute personne à avoir protection de la loi contre de telles immixtions » par celui du non droit de recourir à cette protection.

Manuel Valls dit que le sens de l’Etat commande que la masse des citoyens puisse être espionnée. C’est un sens que je m’interdis !

* Le CNTR (Gendarme du renseignement) théoriquement consulté préalablement par les services de renseignements, peut voir son verdict annulé par simple décision du Premier Ministre.

** Le gouvernement veut installer « des systèmes de surveillance massive pour analyser le comportement de l’ensemble des internautes français et en faire ressortir les profils suspects »

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17 avril 2015 5 17 /04 /avril /2015 13:05

Liberté ! Suprême aspiration sans laquelle la doxa flamboyante de la Révolution française n’est plus que du vent. « Les peuples n’ont jamais que le degré de liberté que leur audace conquiert sur la peur »

Aujourd’hui la peur prend le pas sur les libertés. D’où un texte de loi liberticide mais non reconnu comme tel par le Premier Ministre et le Ministre de l’Intérieur,* au prétexte que si des dispositions peuvent être considérées comme remettant en cause le droit à la vie privée il n’y a pas d’atteinte à la liberté puisque le «le droit à la vie privée n’est pas une Liberté »*

Formel contrepied de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme qui reconnait « les libertés, tant en public qu’en privé comme droits fondamentaux de l’homme »

Quand une démocratie en est à ignorer les principes les plus essentiels des droits de l’homme, quand elle en est à les piétiner au nom de ses propres assertions, il ne reste plus de république et de démocratie que le nom.

Le régime qui restreint, chaque jour qui passe, un peu plus la liberté de chacun offre ainsi une victoire éclatante aux adeptes de la Charia.

* La droite en rajoute ! **

** Selon Bernard Cazeneuve « Il n'y a aucune disposition dans ce texte de loi qui soit attentatoire aux libertés. Aucune. En revanche, il y a des dispositions qui peuvent être considérées comme remettant en cause le droit à la vie privée. » CQFD…La remise en cause des libertés privées ne remet pas en cause les Libertés… Joli sophisme !

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16 avril 2015 4 16 /04 /avril /2015 13:11

Si la motion qui sera choisie au congrès du Ps n’est pas de nature à replacer de sitôt Martine Aubry en première ligne, elle lui permettra peut-être de marquer le pas dans la lente dégringolade politique qu’elle endure depuis 2012.

Je ne suis pas un « Aubryste » convaincu, mais je retrouve avec plaisir chez « Martine » un sursaut d’habileté politique assez réussi.

D’abord elle a pigé qu’il fallait prendre un certain nombre de positions, qu’elle partage avec les frondeurs, tout en évitant leur exploitation malhabile par une opposition frontale au gouvernement Hollande.

Ensuite, et c’est là qu’elle excelle, Martine Aubry a vendu en douce à J.C Cambadélis, des postulations qui froissent l’exécutif mais qui plaisent à la gauche : Attaque de la politique de l’offre, défense de l’Etat providence, haro sur le social-libéralisme… Soit exactement le contraire de ce que fait, sous la pression de Bruxelles, François Hollande et son gouvernement.

Fin connaisseur du PS, JC. Cambadélis a très bien vu et saisi l’opportunité de bâtir une motion qui tout en coupant l’herbe sous les pieds des frondeurs, satisferait, par un menu à la carte, les désirs de chacun.

L’heureuse connivence de ces fins connaisseurs du PS a même amené le Premier Ministre à signer leur motion ; le faisant ainsi notoirement adouber des positions qui sont contraires à ses idées. Outre qu’il lui était difficile de faire autrement, Manuel Valls sait bien, qu’en politique, les engagements sont comme les cartouches d’un fusil : une fois tirées, elles se perdent dans l’oubli.

La fin de l’acte est pour les régionales : Si, et seulement si, Manuel Valls échoue à faire gagner la gauche, Martine Aubry a encore des chances de prendre sa place à Matignon.

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15 avril 2015 3 15 /04 /avril /2015 13:20

Un projet de loi, veut donner un cadre légal aux services du renseignement en France qui opéraient jusqu'ici dans une « zone grise » (?). Il définit les missions des services (intérieur, extérieur, militaire, douanier...) qui vont bien au-delà de la prévention du terrorisme, comme « la défense et la promotion des intérêts économiques, industriels et scientifiques majeurs de la France »

Cadre large et flou qui permet écoutes, pose de caméras ou de logiciel-espion, accès aux données de connexion, etc… pour surveiller la personne visée (voire son entourage) ainsi que le recours à certaines techniques d'intrusion informatique, sonorisation de lieux privés, géolocalisation en temps réel des personnes.

Un point focalise les craintes des ONG et des acteurs du numérique : la mise en place, sur les réseaux des opérateurs, d'outils d'analyse automatique (un algorithme) pour détecter par une « succession suspecte de données de connexion »

La seule contrainte donnée aux services passe par l’accord préalable d’une Commission sur l’avis de laquelle le Premier Ministre peut passer outre.

Ce texte n’a d’autre but que de faire passer de la justice à l’exécutif le droit de flicage du citoyen car une permanence de juges d’instructions serait à même d’accorder ou de refuser, sur le champ, les autorisations nécessaires. Il est clair que le droit administratif veut se substituer, au moins dans son volet intrusif, au judiciaire.

Espérons que ce n’est pas un pas vers un système totalitaire dont on sait que le premier soin est de maitriser le renseignement, l’espionnage et la propagande.

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