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1 avril 2015 3 01 /04 /avril /2015 13:42

La Cinquième République n’a prévu que deux chaises pour deux prétendants. Désormais ils sont trois. L’un d’entre eux doit partir à moins qu’une modification de la constitution n’offre un siège de plus.

De Hollande ou de Valls le plus dur des deux n’est pas celui qu’on pense… Reste à savoir jusqu’à quand et jusqu’à quel point le Président usera son Premier Ministre, lequel, pour le moment, semble se résigner à lui obéir jusqu’au bout.

La question est de savoir si le frémissement conjoncturel constaté en Europe fera aussi baisser le chômage en France. Dès lors Manuel Valls pourrait sortir de ce « pathos de la distance »* et appuyer sa campagne des régionales sur des arguments tangibles seuls capables de démontrer à la Gauche que la ligne suivie était la bonne et d’amener bon nombre d’électeurs à se rallier à la cause du gouvernement : En cas de victoire ou de maintien honorable à la tête de régions, il se pourrait que Manuel Valls reste Premier Ministre jusqu’en 2017.

Si la courbe du chômage n’amorce pas un fléchissement significatif (ne serait-ce que revenir au niveau de ce qu’elle était lorsque les Socialistes ont pris le pouvoir) François Hollande aura à choisir entre changer de Premier Ministre avant décembre afin d’endiguer une possible débâcle aux régionales, ou de faire porter le chapeau de la défaite à Manuel Valls afin de repartir à l’assaut de la Présidentielle avec du sang neuf.

Jusqu’à présent, le Président Hollande reste sourd** aux appels des différents scrutins, mais il lui serait difficile d’ignorer les effets d’une déroute régionale, pour autant qu’il veuille se représenter à la Présidence.

Au-delà de palinodies plus ou moins vertes, ce sont les résultats en matière de chômage, de croissance et de dette qui vont influer les politiques et peser sur les rapports humains. La survie de la gauche en dépend.

C’est ce pathos de la distance qui leur a fait saisir les premiers le droit de créer des valeurs, de forger le nom des valeurs : que leur importait l’utilité ! Le point de vue de l’utilité est aussi étranger et décalé que possible eu égard à un tel jaillissement bouillonnant de jugements de valeur suprêmes…. » (Nietzche)

** 1) Dès lors que le Président use de son droit de ne pas tenir compte de l’avis des gens, quel est, dans sa réalité, le sens qu’il faut donner à la démocratie française ? 2) Faut-il se poser sérieusement la question de l’obsolescence de la Cinquième République ?

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31 mars 2015 2 31 /03 /mars /2015 13:17

Parlant de l’ouvrier (et plus généralement de ce qui distingue l’homme de la rue des élites politiques) Victor Hugo dit ceci : « Que cette classe, si noble et si utile, évite ce qui abrutit et cherche ce qui agrandit ; qu’elle cherche les motifs d’aimer plutôt que les prétextes de haïr ; qu'elle lise et qu’elle étudie aux heures de loisir ; qu'elle développe son intelligence, elle amènera son avènement. Je l’ai dit quelque part, et c’est ma pensée : le jour où le peuple sera intelligent, alors seulement il sera souverain »

Est-ce faute de cette intelligence, ou bien parce qu’elle est largement sous-estimée par les élites, que celles-ci font de la division de la gauche, plutôt que du libre choix du citoyen, la principale cause de l’échec du PS aux élections départementales ?

N’y-a-t-il pas aussi, hors des calculs savants nourris de statistiques, quelques raisons simples (et de ce fait à portée du vulgum pecus) qui incitent l’électeur gavé de promesses à déchanter aux vues des résultats ?

Dans l’émission « Des paroles et des actes » le bilan économique de l’ancien Président avait été fort justement critiqué et s’opposant à celui-ci, les français n’eurent pas de mal à préférer le projet du candidat socialiste oubliant au passage que ce dernier ne s’appuyait que sur des paroles.

En ce qui concerne les actes on voit bien maintenant que le chômage a augmenté, que la croissance a baissé, et que la dette, qui était à 86% court désormais vers les 100% du PIB. Quant aux impôts qui avaient subi une hausse de 35 milliards sous la précédente majorité, celle de François Hollande n’y a pas été de main morte.

J’attends que les savants, politologues avertis, m’expliquent pourquoi la nette dégradation de ce qui avait suscité le désaveu d’alors, ne serait pas, dans une conjoncture bien plus favorable, cause d’une déconvenue encore plus sévère aujourd’hui.

A force de prendre les gens pour des imbéciles, de désigner le doigt quand il montre la lune, la sphère politique est en train de se planter.

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30 mars 2015 1 30 /03 /mars /2015 12:25

Depuis le quinquennat, le Chef de l’Etat peut décider sa ligne politique contre l’opinion citoyenne, même lorsqu’elle se manifeste majoritairement dans une succession de scrutins intermédiaires qui, aux municipales, aux européennes, aux sénatoriales, aux départementales écartent peu à peu les membres de son propre parti des postes de responsabilités.

C’est en France grâce à une forme de démocratie qui se veut « Gouvernement du Peuple par le Peuple », que le Président peut imposer sa politique sans tenir compte de l’avis populaire. C’est cela qui lui avait permis de dire que quelques soient les résultats du scrutin il ne changerait ni de ligne ni de Premier Ministre.

Tenant sa légitimité de la Constitution plutôt que de la Démocratie (au sens de la prise en compte de la volonté populaire) c’est au nom du bien public que le Président impose sa volonté. Le Président de l’Assemblée Nationale* soutient d’ailleurs que, pour bien gouverner, il ne faut surtout pas demander leur avis aux gens.

Néanmoins, ni le Premier Ministre ni les élus de Gauche ne peuvent se permettre un nouvel échec aux Régionales. Le premier y joue sa place et les seconds y verraient le spectre d’un revers aux législatives.

Alors que François Hollande a encore vingt-cinq mois pour voir venir, Manuel Valls n’en a plus que huit pour démontrer, par des résultats, qu’il a eu raison de suivre fidèlement les orientations Elyséennes.

Loin des promesses du Candidat Hollande, les français se contenterait aisément, en termes de chômage, de croissance et de dette de résultats revenus à la case départ de début 2012.

« Si on demandait leur avis aux gens, ils seraient pour la peine de mort et sur l’immigration…Vous imaginez ! » (Claude Bartolone)

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24 mars 2015 2 24 /03 /mars /2015 10:10

--Puisque le Président de la République, le Premier Ministre, Alain Juppé, François Bayrou, Jean-Christophe Lagarde et bien d’autres personnalités réputent le FN toxique à la République.

--Puisque c’est grâce à la démocratie que les citoyens peuvent en toute liberté et dans le secret de l’isoloir faire monter le FN ; on ne peut pas crier au danger que fait courir ce parti sans mettre en cause le système qui lui permet de porter ses coups.

Aux contorsions intellectuelles de François Hollande qui dit que ce parti « est dans la République sans être de la République » Claude Bartolone oppose une vision tranchée : « Si on demandait leur avis aux gens, ils seraient pour la peine de mort et sur l’immigration…Vous imaginez ! »

Autrement dit les gens sont des imbéciles et il ne faut pas demander leur avis. Mais qu’est-ce que le suffrage universel, qu’est-ce que la démocratie si ce n’est recueillir et tenir compte de l’avis des gens ?

Faute de ne pas interdire le FN tout en le bannissant de la République pour cause d’incompatibilité, les élites politiques touchent au plus profond d’un concept démocratique qu’ils ne portent pas dans leurs cœurs mais dont ils se servent en tant qu’outil pour arriver au pouvoir.

La question est de savoir si les politiques ne surestiment pas la bêtise populaire et si l’abstention et le vote FN ne relèvent pas, en partie, d’une sorte de sursaut de dignité.

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20 mars 2015 5 20 /03 /mars /2015 12:34
Manuel Valls : Premier Ministre amoureux…

Il aime la France, il aime la République, il aime le Président, il aime ses Ministres, il aime l’Entreprise… Manuel Valls est un passionné ! On dit que l’amour est proche de la haine, est-ce cela qui explique sa virulence à l’égard de ceux qu’il n’aime pas ?

En tout cas, si on en croit ce qu’il dit, il n’aime pas ceux qui votent UMP : « Les Français payent 10 ans d’une politique de sécurité faite de lois qui n’ont servi à rien. L’échec de la sécurité, c’est vous ! L’esbroufe, c’est vous ! La suppression de policiers et de gendarmes, c’est vous ! Le retour du terrorisme dans ce pays, c’est vous ! »

A ceux qui votent FN, Manuel Valls dénie simplement le droit « D’être de la République et de la France » Français de droit, peut-être (?) Mais sûrement pas de cœur.

Si le Premier Ministre exclue « d’être de la République » un Parti, il faut, en bonne logique, exclure aussi tous ceux qui, en votant, font ce Parti.

Faire de la Politique guidé par des sentiments n’est pas forcement répréhensible à condition que la raison n’y perde pas ses droits.

La raison c’est de dire que les premiers acteurs et les premiers responsables d’un parti sont les électeurs. Sauf à infantiliser les citoyens, et par là-même dénier au suffrage universel toute action rationnelle, Il faut refuser net d’admettre le blâme ou l’exclusion d’un parti tout en acceptant d’excuser ceux qui ont voté pour lui. « Pardonnez leur, ils ne savent pas ce qu’ils font » S’ils ne savent pas ce qu’ils font, il faut les empêcher de voter et en venir à un autre système.

De discours en mesures restrictives, c’est, peut-être, ce à quoi aspire, plus ou moins consciemment, Manuel Valls.

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17 mars 2015 2 17 /03 /mars /2015 10:20

Dans un entretien avec « Challenges » François Hollande avoue user avec d’autant moins de vergogne de « l’énergie de Manuel Valls et son sens de l’animation » qu’il sait pouvoir compter sur sa « loyauté ».

Autrement dit pour le Président, Manuel Valls est un outil efficace et sûr dont il entend se servir autant qu’il le jugera utile.

Mais le Chef de l’Etat, dont on sait qu’il agit en fonction de la forme et de l’imminence des évènements, reste perplexe sur la durée d’utilité de son Premier Ministre. Dans le cas contraire il ne l’aurait pas envoyé au casse-pipe des élections départementales dont tout le monde sait que la frénésie avec laquelle Manuel Valls s’est impliqué jointe aux résultats, fera qu’il en sortira affaibli.

Certes, en tant que Chef de la Majorité Manuel Valls devait, quoiqu’il en soit, prendre part au combat mais il aurait pu le faire derrière bien d’autres, Jean-Christophe Cambadélis par exemple.

Manuel Valls qui vole comme un aigle pourrait atterrir en pigeon.

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13 mars 2015 5 13 /03 /mars /2015 08:47

"Vous n’êtes ni la République ni la France » ! Suite à l’interjection de Manuel Valls à l’adresse d’une élue FN, je voulais essayer de comprendre comment un Parti pouvait, tout à la fois, avoir pignon sur rue, recueillir les suffrages des citoyens et se voir refuser le droit d’être de la République. « Si le FN est dans la République, puisqu'il participe aux élections, c'est tout sauf le parti de la République » précise le Président Hollande.

D’où la constitution d’un « Front Républicain » regroupant les partis dument labellisés, ainsi habilité à s’opposer au Parti non adoubé.

Le hasard me fait lire sur ce sujet l’excellent article de M. Thibaud Collin, philosophe, dont je cite un extrait « Ainsi la constitution d'un front républicain est légitimée parce qu'il existe un parti de la République dont l'âme est l'adhésion à ces valeurs. Pourquoi alors ne pas affirmer tout simplement que ce parti unique, composés de tous les partis sauf un, s'identifie à la République puisque la République s'étend aussi loin que ces valeurs sont respectées ? Mais dans ce cas un parti exclu de ce « parti » peut-il encore être dit dans la République ? »

Il faut, dit le philosophe, pour admettre cette contradiction considérer la République sous deux aspects :

1) La République en tant que régime politique et c'est à ce titre que légalement le FN s'y trouve.

2) La République en tant qu’Eglise avec ses fidèles, son catéchisme et ses croyances, non pas en Dieu, mais en valeurs universelles de liberté, d'égalité, de tolérance, de lutte contre le racisme, la xénophobie et les discriminations et à ce titre le FN peut en être exclu.

En tant que Premier Ministre, Manuel Valls n’a pas le droit d’exclure de la République (comprise en tant qu’institution) une députée légalement élue. Par contre, en tant que prêtre et gardien des valeurs de l’Eglise Républicaine, on peut admettre qu’il la rejette hors du Temple. Un minimum de cohérence intellectuelle implique que ce rejet touche aussi et en premier lieu, ceux qui l’ont élue.

Lorsque le Président de la République affirme que « le FN est tout sauf le parti de la République » cette exclusion ne peut être admise que si elle inclut tous ceux qui votent pour ce parti.

Reste à savoir si, comme le dit Manuel Valls, il faut aussi leur refuser le titre de français. Le débat reste ouvert…

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11 mars 2015 3 11 /03 /mars /2015 10:19

Nous voici en septembre 2016. Ainsi qu’il l’avait dit, Manuel Valls est toujours Premier Ministre.

Malgré une conjoncture favorable le chômage peine à baisser. Sous la pression de Bruxelles, les taxes et impôts ont encore augmentés tandis que les bénéfices de la Loi Macron tardent à venir.

Le Président Hollande cramponné à sa ligne est sûr des résultats pourvu qu’il obtienne un second mandat. Le succès de toutes les actions accomplies, la récompense de tous les efforts consentis ne dépendent plus que du vote des français.

Hélas ! Les sondages confirment le sombre pronostic que Manuel Valls avait fait en Mars 2015 : «J'ai peur pour mon pays, j'ai peur qu'il se fracasse contre le Front national»

Voilà le Président et son Premier Ministre face à un choix Cornélien : Sous prétexte d’une démocratie dévoyée par la démagogie (désignée par Aristote comme corruptrice de la République) laisser la France se « fracasser » contre le Front National ou reporter, par quelque moyen d’entorse constitutionnelle, l’échéance présidentielle à sept ans.

Pour moi, Manuel Valls n’est pas homme à se lâcher sans objectif, et l’alarmisme de ses récentes déclarations a, aussi, pour but de préparer l’opinion à un éventuel coup politique déjà acté dans son esprit. Le Premier Ministre fera toujours passer la République avant la démocratie, celle-là n’étant, pour lui, que le moyen de servir celle-ci.

Reste à savoir si François Hollande voudra le suivre et si le Peuple est prêt à se laisser dominer.

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10 mars 2015 2 10 /03 /mars /2015 10:08

Manuel Valls use à fond de la société spectacle* qui prévaut désormais. Plutôt Hamlet que Folleville, au théâtre de la politique, il joue la tragédie. Friand des situations dramatiques et des sentiments marqués (amour, haine, terreur, pitié) il utilise pour les traduire des mots aussi forts que possibles : « J'ai peur pour mon pays, j'ai peur qu'il se fracasse contre le Front national »

L’amour pour son pays, la haine pour le FN, la terreur, la pitié : tout y est. C’est la version courte et triviale de ce que Racine aurait pu nous servir :

« Tremble, m'a dit La France, fils digne de moi.

Le cruel Front l'emporte aussi sur toi.

Je te plains de tomber dans ses mains redoutables,

Mon fils. » En achevant ces mots épouvantables,

Son ombre vers mon lit a paru se baisser ;

Et moi, je lui tendais les mains pour l'embrasser.

Mais je n'ai plus trouvé qu'un horrible mélange

D'os et de chairs meurtris et traînés dans la fange,

Des lambeaux pleins de sang et des membres affreux

Que des chiens dévorants se disputaient entre eux.

Réelle ou feinte (il y a toujours un mélange des deux) cette prophétie a pour objet de dire aux abstentionnistes socialistes « Debout les Morts »

A titre personnel je souhaite que le Premier Ministre soit entendu sur l’utilité de voter, mais je ne suis pas assez bête pour me laisser entrainer dans ses délires dépressifs.

*Guy Debord

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9 mars 2015 1 09 /03 /mars /2015 08:50

« Tous ceux qui aiment ce pays, ceux qui aiment notre drapeau, ceux qui aiment le génie, la beauté de la France, ceux qui ont cette émotion si forte quand résonne la Marseillaise […] »…« L’amour de la patrie doit s’exprimer dans les urnes »…

On n’en finirait pas de citer Manuel Valls tant ses déclarations d’amour envers la France, la République et la Patrie sont nombreuses et enflammées.

J’avoue que cette fièvre patriotique me met mal à l’aise car, même lorsqu’il se met au service de la démocratie, l’état d’exaltation me semble, par lui-même, dangereux.

Quand le Premier Ministre dit « Le danger est là devant nous, il est immense. Tout le monde le sait, tout le monde est au courant et pourtant, il y a comme une étrange accoutumance, presque une forme d'endormissement généralisé » Sa vision apocalyptique donne à réfléchir.

En tant que Chef de la Majorité, c’est lui qui est le premier responsable des résultats du PS. En tant que Chef du Gouvernement c’est encore à lui qu’incombe en premier la montée du FN.

Les mots,* l’attitude, laissent à penser que, sous le poids de ses responsabilités, le Premier Ministre traverse un état de fatigue et de fébrilité par ailleurs compréhensibles.

Mais rien n’est encore perdu : pour redorer le blason du PS et endiguer la montée du FN il lui suffit, d’ici les régionales, d’obtenir des résultats. Pour ce faire, servi par un effet d’aubaine économique exceptionnel, le Premier Ministre peut se contenter de mettre un bémol à sa fièvre réformiste aigüe et de lâcher la bride aux forces vives pour que d’ici les régionales les français voient la situation économique s’améliorer sensiblement.

* « J'ai peur pour mon pays, j'ai peur qu'il se fracasse contre le Front national »

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