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5 septembre 2016 1 05 /09 /septembre /2016 08:16

Si je disais que le peuple attend de ses « politiques » un comportement de droiture et de dignité, l’engouement historique pour les Présidents les plus tordus viendrait bientôt me contredire.

Tel, qui (Ô paradoxe) au nom de la morale, se complait à faire parler les morts pour exposer aux cameras sa haine envers celui qu’il servit pendant cinq ans, a toutes les chances de plaire. De la même manière trahir (avec méthode) son propre mentor, peut ouvrir la voie qui conduit à la suprême position.

Dans l’exercice de ses fonctions, le Président Hollande s’attache à observer un comportement aussi moral que possible, ce qui n’empêche en rien de voir son image dégradée.

Comme dit mon coiffeur, cela (et le reste) : « c’est comme qui dirait donner au FN une paire de pincettes pour mieux tirer les marrons du feu »

Si la primaire a l’avantage de dévoiler ce que d’aucuns ont de mauvais dans le cœur, elle pose aussi le problème de la « Virtus » politique, sans laquelle, disait les anciens, on va vers le déclin. Mais comment inciter le peuple à plus de raison et de morale lorsque ceux qui sont au sommet n’en donnent pas l’exemple ?

De ce point de vue, Manuel Valls à raison : la loyauté, fille de vertu, a sa place dans l’exercice du pouvoir… Toutefois, il me semble que la loyauté envers une personne ou un parti trouve ses limites dès lors que celui ou celle qui accorde sa confiance redoute qu’elle ne serve plus l’intérêt général. Tout en l’estimant essentielle, Montaigne ne voyait pas la vertu comme une fin en soi. La politique disait-il ne doit pas chercher la perfection morale mais le bonheur des peuples et leur prospérité… On peut toujours rêver.


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1 septembre 2016 4 01 /09 /septembre /2016 08:56

Manuel le loyal

Lorsque Manuel Valls étale ses valeurs, lorsqu’il affirme son indéfectible loyauté envers le Chef de l’Etat, je le vois comme « Second » à bord du Titanic en train de suivre aveuglement le cap tracé par le Capitaine. On connait la suite…Mais « Fluctuat nec mergitur » : La France n’étant pas sur le point de couler, c’est simplement pour dire que la loyauté envers un Chef qui est dans l’erreur, équivaut à trahir l’équipage et les passagers. C’est, je crois, ce que Macron a compris. Comme dit mon dentiste il ne faut pas se tromper de cible.

Néanmoins, le simple énoncé de valeurs nobles a un impact positif sur les consciences populaires plus attachées aux symboles qu’aux réalités. Encore que ce qui fut en 2012 n’est peut-être plus vrai aujourd’hui. Il se pourrait que les prochaines élections donnent plus d’audience aux résultats qu’aux principes de vertus.

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31 août 2016 3 31 /08 /août /2016 13:40

Comme dirait Foch « Où est la question ? » La question n’est pas de savoir si De Gaulle aurait refusé la primaire, si Macron est un félon, si Hollande en est meurtri ; la question est de savoir pourquoi la France, compte tenu de ce qui existe en puissance, a plus de chômage, plus d’impôts, plus de dettes que l’Allemagne. Cela, il faut le rappeler, dans un contexte où, jamais, il n’y eut autant d’argent facile, autant d’énergie bon marché. Compte tenu de son potentiel, la vraie, la seule, question est de savoir pourquoi la France ne tient pas la place de leader européen.

C’est à cet énigme, qui n’interpelle pas les foules, que se propose, si j’ai bien compris, de répondre Emmanuel Macron. Le pourra-t-il ? le fera-t-il ? Je l’ignore. Son bilan des années passées à l’Elysée est difficile à apprécier. Quelle est sa part de réussite dans le « ça va mieux » qui semble s’amorcer ? Quel est sa part dans l’échec patent du quinquennat Hollande ?

Ses détracteurs le qualifient de Docteur Jekill et Mister Hyde. Nous saurons, s’il se présente, lequel des deux l’emporte dans l’opinion.

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29 août 2016 1 29 /08 /août /2016 08:01

La démocratie française donne au peuple le droit de choisir les plats hormis celui de participer à la cuisine.

Pourquoi les français sont-ils indifférents à la perte programmée de leurs droits démocratiques ? La réponse est simple : malgré des décennies de gouvernances erratiques, malgré le choc de l’Euro, malgré les guerres et les attentats, malgré les frictions culturelles et communautaires, il fait encore bon vivre en France et les français n’en demandent pas plus.

Le miracle à un nom : La dette. Comme dit mon ami Gaston, grâce à la dette on vit quand même très bien en France. D’autant que celle-ci, puisque couverte par de nouveaux emprunts, n’est pas réellement remboursable et que du fait de la surabondance monétaire, elle est quasiment gratuite. Ce système, qui relève du sirop typhon, n’est pas propre à la France : tous les pays occidentaux y ont plus ou moins recours.

En 1981, lorsque Mitterrand a pris la Présidence, la France était endettée à hauteur de 418 milliards de francs. A peine un an plus tard, il avait déjà poussé la créance à 617 milliards. Depuis ses successeurs ont fait beaucoup mieux puisque la dette actuelle est de l’ordre de 2200 milliards… non plus de francs mais d’euros ! En 1981 le déficit public était nul et la dette représentait 20% du PIB, en 2016 le déficit dépasse 3% du PIB et la dette monte à 100%.

Cela étant, vogue la galère, les capitaines à venir n’auront pas trop de soucis tant que la manne monétaire pourra, sur simple appel, couvrir les déficits. Dans ces conditions, on se demande pourquoi le smic est maintenu aussi bas et les impôts aussi hauts.

Dans son excellent livre « Le Miroir Aux Alouettes » Michel Onfray dit que de Gaulle était un Romain contemporain de Marc Aurèle tandis que le personnel politique du jour relève de Romains du bas empire. Hélas !... Mais peu importe qu’ils soient des nains puisqu’ils ont la force de la dette. Au pays des Petits, les corbeaux sont des aigles.

Les élections seraient, selon moi, le moment choisi pour réclamer un peu de l’honneur citoyen que depuis trente ans les classes dirigeantes ont allègrement bafoué. Les exemples ne manquent pas, je n’en citerai que deux :

--En 2005, à la question « Approuvez-vous le projet de loi qui autorise la ratification du traité établissant une constitution pour l'Europe ? », le « non » recueille 54,68 % des suffrages exprimés. Le traité n’en sera pas moins ratifié. « Gouvernement du Peuple, par le peuple… » Mon œil ! Etonnante (n’est-il pas ?) cette placidité avec laquelle le peuple accepte les coups de pieds au cul de la démocratie.

--Aux dernières législatives le FN et Europe Ecologie les Verts ont obtenu, à peu de choses près, le même nombre de voix. Cela donne deux élus pour les 842000 voix du FN et seize aux 829000 d’Ecologie les Verts ! C’est dire en quel mépris le politique tient le vote citoyen.

BHL, le célèbre maitre à penser, enfonce le clou : il faut, selon lui, mettre sous tutelle l’expression du Peuple. « Le peuple n’a-t-il pas, une fois qu’il s’est exprimé par définition le dernier mot ? A quoi le démocrate, le vrai,(sic) répondra : la démocratie c’est le peuple en effet ; la volonté souveraine du peuple ; mais le peuple peut errer, sa souveraineté s’égarer, il peut, livré à lui-même, se donner de mauvais maitres et choisir, cela s’est vu, de grands et petits Hitler ; alors pour parer au danger, pour conjurer ce péril d’un emportement toujours menaçant, la sagesse des siècles a prévu des recours- à commencer par cette idée d’une assemblée raisonnable supposée dépositaire d’une sorte de commandement supérieur »*

La lignée des cyniques qui se sont succédés depuis Mitterrand, ont-ils été conscients d’attenter au cœur de la République lorsqu’ils s’acharnent à scier la branche démocratique sur laquelle ils mettent, par ailleurs, tant de hargne à tenter de s’assoir ?

*(Texte de BHL cité dans le livre de Michel Onfray Le Miroir Aux Alouettes)

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18 août 2016 4 18 /08 /août /2016 08:44

Je parle ici de pure démocratie, celle que Montesquieu évoquait : « Lorsque, dans la république, le peuple, en corps, a la souveraine puissance, c'est une démocratie » … « Gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple » dit encore Abraham Lincoln. Celle-là, (inscrite au fronton de la Constitution française) exige pour être appliquée que l’on donne aux citoyens le droit de se tromper.

Or, quel gouvernement peut dire : « cette loi concoctée par nous « les sachant », que nos experts ont peaufinée, décrétée comme bonne et indispensable, nous allons l’abandonner puisque le peuple ignare et ses représentants félons en ont ainsi décidé »

Il y a, on le sait, dans le principe démocratique le risque que les citoyens ne soient pas à la hauteur ainsi que celui d’un tropisme démagogique qu’Aristote dénonçait déjà comme un possible danger corrupteur. Ni le Chef de l’état, ni le Premier ministre ne sont prêts à sacrifier leurs résolutions sur l’hôtel d’un principe qu’ils considèrent désuet et seulement utile à apaiser la galerie.

D’autant que les français se contentent aisément de cette sorte de monarchie républicaine pourvu qu’ils aient le droit de garder ou de virer leur monarque tous les cinq ans. Encore que l’abstention montante ne vienne, par la désaffection croissante du sentiment citoyen, saper le seul acte qui puisse encore se dire de démocratie.

Tout cela conduit à une dichotomie entre les menant et les menés. Les acteurs politiques sont sur la scène, côté cour et côté jardin mais le peuple reste dans la salle, confortablement assis et inactif. Nous en sommes au premier chapitre de la « société spectacle » dont Guy Debord parlait : « La séparation achevée »

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17 août 2016 3 17 /08 /août /2016 07:51

Pour donner une simple idée du déni démocratique dans lequel se tient la classe politique française, il suffit d’évoquer la bronca de nos élites, tous bords confondus, au sujet du Brexit. Ce n’est pas tant qu’ils s’inquiètent de voir l’Angleterre faire bande à part : c’est le principe même du referendum qui les rendent furieux. Sous prétexte de défendre la démocratie représentative, ils dénient au peuple le droit de choisir.

Parlons-en de leur foutue démocratie représentative : Celle où les députés sont traités de cacatoès ou de « déchet de pensée humaine » par le gouvernement. Celle où, contre une majorité de syndicats, le gouvernement tord le bras de l’Assemblée nationale et impose une loi, dont personne ne veut, à coup de 49-3 ?

Comprise et appliquée dans sa version la plus dure, la Constitution actuelle permet au gouvernement d’annihiler les effets contrariants de l’Assemblée Nationale, mais si, de surcroit, ladite Assemblée renonce aux recours auxquels elle a droit, qu’en est-il de la démocratie représentative ?

Reste la question de savoir si les français eux-mêmes sont avides de démocratie : « Ne craignez point de donner le pouvoir aux peuples : à peine acquit, ils s’empresseront de le rendre »

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13 août 2016 6 13 /08 /août /2016 07:49

Du mythe démocratique (gouvernement du peuple, par le peuple…) nous en sommes aujourd’hui à une sorte de monarchisme constitutionnel éclairé.

Après que la démocratie représentative ait sombré dans le naufrage de la quatrième république, vint la cinquième, déjà qualifiée par les démocrates de « coup d’état permanent ». Pourtant, dans sa version initiale, cette cinquième du septennat ouvrait encore la porte au pouvoir citoyen grâce au décalage entre les élections présidentielles et législatives. De ce fait il était possible de faire nommer un premier ministre qui n’était pas du même bord que le président. En vertu des articles 20 et 21 de la Constitution, le Chef du gouvernement disposait, dans une certaine mesure, des moyens pour mener une politique conforme aux aspirations des électeurs, même si celles-ci contrevenaient aux positions du Président.

Dans sa version quinquennale actuelle, la concomitance des élections présidentielles et législatives rend cela infaisable. « Je décide il exécute » Sarkozy l’a dit, Hollande l’a fait. Le premier ministre et son gouvernement sont tenus de jouer le rôle de factotums. Manuel Valls ne détermine plus (art 20) la politique de la France : il l’entérine il l’exécute et il la vend.

D’autre part les députés ne jouent plus le rôle de représentants du peuple : élus dans la botte du président, ils sont plus attachés à servir son gouvernement que leurs propres électeurs.

A cette troïka (président→gouvernement→députés) s’ajoute un autre pouvoir indépendant du premier : le pouvoir judiciaire.

Alors que reste-t-il au pouvoir citoyen ? Le droit de désigner ses maitres tous les cinq ans. Si, abstention aidant, le vote ne représente pas une vraie majorité, le pouvoir citoyen n’en serait plus au crépuscule mais bel et bien dans la nuit.

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8 août 2016 1 08 /08 /août /2016 08:27

En ce temps, et malgré qu’ils fussent en guerre, le Roi François et son Premier maintinrent coûte que coûte l’Etat de Droit : « Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits » Cet admirable principe eut pour inconvénient de donner au terroriste le même droit à l’innocence que le voleur de poule sur le point d’accomplir son forfait.

Jusqu’ici les tueurs avaient été connus des services de police. Tous présentaient des caractéristiques communes bien identifiées. Des centaines d’autres individus, de mêmes profils, étaient fichés par les services, mais sans preuves tangibles montrant l’imminence d’un « passer à l’acte », force était de les laisser en liberté. Alors faute de pouvoir protéger les vivants, une formidable empathie vint honorer les morts.

Dépourvus de volonté d’attaque (dont les militaires disent qu’elle est la meilleure défense) le Roi François et son Premier mirent tous leurs efforts sur les capacités de défense passive dans l’espoir, par la présence de forces policières et militaires accrues, de dissuader les assassins.

S’ils réussirent à le faire dans certaines conditions et dans certains endroits, il s’avéra impossible de sécuriser d’autres manifestations dont Maires et Préfets refusèrent d’endosser la responsabilité d’un possible attentat.

Vint un questionnement : Qui allait assurer la sécurité des dizaines de milliers de bureaux de votes lors des élections ? Même si l’Etat avait les moyens de la prendre en charge, voter entre deux gendarmes ne pouvait qu’alimenter l’abstention et nourrir la contestation.

En ce temps où la fête côtoyait le drame, les rires les larmes, le virtuel le réel. En ce temps de faux état d’urgence, de vrai 49-3, de gifles aux syndicats, d’Assemblée avachie, de Primaires improbables, d’élections peu fiables ; en ce temps, personne ne vit que la République, ainsi chahutée, étranglait la Démocratie.

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4 août 2016 4 04 /08 /août /2016 10:44

Il advint que l’on sut par les gazettes que l’égorgeur du prêtre de Saint Etienne de Rouvray avait suivi des cours d’incitation au crime pendant son séjour en prison. En d’autres temps l’affaire aurait fait grand bruit. Le Roi et son Premier auraient eu bonne mine de dépenser tant d’écus pour que leurs Gens d’armes, toujours plus nombreux et pourvus, fassent moult efforts pour mettre un petit dévoyé en prison afin qu’il en ressorte assassin. Le peuple, à la nouvelle, aurait fortement grogné.

L’Etat de Droit étant passé par là, il se fit en son nom une grande acceptation de la chose et il devint naturel que chacun reste à ses occupations sans plus songer à celles des autres. Tel Sisyphe, « L’Etat de droit » pousse inlassablement son rocher dans le bonheur de l’action sans souci de la finalité.

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3 août 2016 3 03 /08 /août /2016 08:15

Dans un article sous-titré « Comment Adel Kermiche est passé entre les mailles du filet » (Causeur du 2/08/ 2016) Jean de Maillard, ancien magistrat, explique, dans le détail, pourquoi-- dans sa configuration actuelle-- la justice de « l’Etat de Droit » ne peut pas maintenir, ad vitam aeternam, en détention un prévenu qui n’est pas encore jugé. Si, et seulement si, la procédure est régulière—ce qui relève déjà de l’exploit-- le premier Président de la cour d’appel se doit de trouver deux motifs juridiquement valables faute de quoi il a l’obligation de remettre le prévenu en liberté. (Loi du 15 Juin 2000 : toute personne suspectée ou poursuivie est présumée innocente tant que sa culpabilité n’a pas été établie) Le juge doit respecter ce principe en ne portant pas de pré-jugement sur la personne accusée—lequel, dans la plupart des cas, jure sur la tête de sa mère que sa conduite sera désormais exemplaire.

Bref, les faits démontrent, d’une manière déjà trop tragique, que la Justice de l’Etat de Droit est impuissante à empêcher, en amont, les crimes terroristes. Parler d’erreur ou nier cela, relève de l’imposture.

Dès lors deux camps s’affrontent : disons, pour faire simple, celui de Gauche qui ne veut, au nom de quoique ce soit, déroger aux principes sacro-saints de l’état de droit qui trouve ses racines dans la déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789. Selon eux la moindre dérogation serait de nature à ouvrir une brèche fatale dans les progrès acquis de hautes luttes, parfois sanglantes, qui ont marqué le long chemin depuis la grande révolution. (Voir l’article de François Bazin).

Dans le camp de Droite de nombreuses voix s’élèvent pour réclamer des mesures propres à mieux lutter contre le terrorisme, certains allant jusqu’à envisager une sorte de Guantanamo français.

En principe (si les élections ont bien lieu) les français auront à trancher d’ici quelques mois. Si aucun attentat proche des élections ne vient endeuiller le pays, la formidable capacité des peuples à la résilience peut jouer en faveur du candidat socialiste. Dans le cas contraire (à Dieu ne plaise) les « Hollandais » auront du mal à justifier le sacrifice d’innocents sur l’hôtel des principes.

Dans un cas comme l’autre les salauds vont peser sur la politique.

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