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30 juillet 2015 4 30 /07 /juillet /2015 11:08

La démocratie française a l’avantage de réduire au strict minimum l’action du citoyen : Il lui suffit de glisser de temps à autre une enveloppe dans une fente pour accomplir son devoir électoral… Le geste est purement mécanique car si l’on en croit François Hollande « Les électeurs votent même quand ils ne comprennent pas. Et quand ils votent, on ne les comprend pas toujours » Autrement dit, dans un cas comme dans l’autre, les électeurs agissent comme des zombies.

Claude Bartolone, Président de l’Assemblée Nationale va plus loin : une fois élus, les élites doivent refuser de prendre en compte l’opinion majoritaire pour éviter le risque de comportements de salauds : « Si l’on écoutait la majorité des français on rétablirait la peine de mort et on virerait tous les immigrés ».*

Inconséquent pour le Président de la République, nocif pour le Président de l’Assemblée, autant de raisons de limiter l’intervention du peuple et de réduire la démocratie au droit d’élire ceux, intelligents et vertueux, qui savent gérer au mieux la masse défaillante et lui apporter le meilleur bonheur.

Dès lors, on comprend mieux la défiance des leaders à l’égard du referendum. Aussi bien en France (2015) que récemment en Grèce, il oblige les gouvernements à prendre des mesures diamétralement opposées à l’opinion exprimée par la majorité des citoyens. Bien que les gens se soient habitués à ce que les pouvoirs ne tiennent plus compte de l’opinion des peuples, ça reste un peu gênant.

Quelle qu’en soit la cause, reste à savoir si le déficit démocratique européen peut, ou non, influer sur la stabilité politique.

*(France Inter le 10 octobre 2014)

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27 juillet 2015 1 27 /07 /juillet /2015 08:59

« Je ne sais pas si les dirigeants européens ont pris la mesure du déficit démocratique de la construction européenne. Lorsque les peuples européens votent mal, on les fait revoter ou on ne tient pas compte de leur avis. Ce qui vient de se passer avec la Grèce en est presque une caricature » Disant cela, Jean-Michel Quatrepoint a raison mais ouvre la porte à la question de savoir ce que l’on entend par démocratie.

L’école nous apprend que le mot démocratie vient du grec : Démos=Peuple ; Cratie= Commander. D’où une doctrine politique d'après laquelle la souveraineté doit appartenir à l'ensemble des citoyens, ce qui implique une organisation où le peuple exerce cette souveraineté. Cette version idyllique a été fortement marquée par la phrase d’Abraham Lincoln « Gouvernement du Peuple par le Peuple ». Définition reprise, sans rire, par la Constitution française de 1958. Au-delà du conte de fée qu’en est-il de la réalité ?

C’est en plein milieu du règne des Rois de France que l’on trouve des paroles de vérité : « Il y a trois sortes de tyrans. Les uns règnent par l’élection du peuple, les autres par la force des armes, les derniers par succession de race. S'ils arrivent au trône par des moyens divers, leur manière de régner est toujours à peu près la même » Si l’on remplace le mot Tyran, aujourd’hui excessif, par celui de Président on voit bien que La Boétie (alors âgé de 18ans) avait vu juste.

On voit bien aussi que l’école de la République qui nous dépeint l’époque de la royauté comme celui de la contrainte, procède souvent de l’endoctrinement. Qu’en est-il aujourd’hui de la liberté du citoyen soumis à celui qui règne par « l’élection du Peuple » ? Par décision du Conseil Constitutionnel, sa surveillance la plus minutieuse, sa mise sur écoute la plus intime, dépend de la décision du Premier ministre et sa mise en prison relève de la force du soupçon policier sur son intention de nuire.

Une majorité de citoyens approuvent, tant-il est vrai que l’homme se sent plus tranquille dans une position de soumission, pour autant qu’on lui donne le droit de crier à la liberté… Les amateurs de contraintes ont encore de beaux jours devant eux.

Il n’en reste pas moins que les citoyens gardent le pouvoir de casting. En vérité, si les goulus du pouvoir préfèrent être choisis pour gouverner, les perdants n’en sont pas moins ravis, pourvu qu’ils soient élus. J’imagine que nombre d’élus européens qui ont l’habitude de leurs conforts institutionnels se passeraient bien d’être obligés de se représenter devant leurs peuples. Mais la pensée de faire ce qu’ils voudront (ou de ne rien faire) pendant la durée de leur mandat devrait les consoler.

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24 juillet 2015 5 24 /07 /juillet /2015 10:20

J’écoutais ce matin François Baroin demander au gouvernement de promulguer un décret concédant aux Maires de France le pouvoir légal de donner priorité à l’achat de produits de bouche français.

Cette mesure (par lui abordée sur son plan légal) est, dans son principe, largement reprise par tous les acteurs politiques y compris Premier ministre et Président de la République. Elle a pour but de protéger notre agriculture incapable de faire face à la concurrence (parait-il) déloyale d’autre pays européens.

Ce protectionnisme, puisqu’il faut l’appeler par son nom, se dédouane de sa connotation péjorative par la nécessité de voler au secours des paysans français. Mais dans cette optique il est probable que d’autres secteurs de l’économie en auront aussi besoin… La philosophie du libre-échange est en train de voler en éclat.

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23 juillet 2015 4 23 /07 /juillet /2015 10:20

On voit parfois des images où la misère nous frappe aux yeux et au cœur. Là, le dit et l’image sont raccord, là est la réalité terrible et incontestable.

Mais quand j’entends les journalistes me parler du malheur des grecs devant les distributeurs de billets, quand je vois les images de ce pays béni des Dieux, ses immeubles opulents, ses yachts et ses belles bagnoles, Il y a dichotomie entre mes yeux et mes oreilles.

De la même manière, il me semble que l’indigence du monde agricole s’illustre bizarrement au travers de tracteurs surpuissants rutilants et climatises bloquant des autoroutes dont la recette d’un jour suffirait à prémunir, là-bas, un an de malheur.

Je ne veux pas dire qu’il n’y a pas de pauvreté en Grèce, je ne veux pas dire que les paysans (?) ne sont pas exploités, je veux simplement souligner que le monde occidental fait preuve de beaucoup d’égoïsme et de bien peu de sagesse en voulant toujours plus.

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20 juillet 2015 1 20 /07 /juillet /2015 09:49

Soyons réalistes : nombre de politiques se font élire sur des promesses qu’ils s’empressent de ne pas tenir. Pourtant aucun n’arrive à la cheville d’Alexis Tsipras.

Faire du Tsipras c’est profiter du mal-être d’un peuple pour se faire élire et réussir l’exploit de vider les caisses en un rien de temps. C’est initier à la va-vite un referendum pour faire l’exact contraire du vote exprimé. C’est, enfin, arriver à mettre son pays sous la tutelle financière, administrative et politique de ses créanciers.

Pour Manuel Valls (Approuvé par 40% des français) une telle attitude est un modèle de courage !! - Angela Merkel a, quant à elle, une opinion plus nuancée. Il est clair que le peuple allemand, moins plastique que le français, a une autre vision du héros politique que celle de celui qui mystifie ses électeurs au nom du réalisme financier (non sans avoir préalablement accentué la dérive du pays vers la faillite).

La Chancelière Allemande n’est pas, pour autant, dénuée de jésuitisme car elle sait bien que conserver la Grèce dans l’euro, c’est admettre la nécessité de transferts financiers réguliers. Elle sait bien que ce n’est pas le nouveau dictat irréaliste franco-allemand qui permettra aux grecs de redresser l’économie et de rembourser les dettes, quand bien même, ô miracle, l’application de ce plan ne tournerait pas en eau de boudin.

--Tricheurs les Grecs et ceux qui les ont aidés à entrer dans la zone euro en falsifiant les comptes.

--Tricheurs ceux qui ont voulu faire passer le déficit de 15 à 4% du PIB au prix du chômage et de la pauvreté.

--Tricheurs le couple Hollande-Merkel qui fait croire que le troisième plan « mortifère » (dixit DSK) est de nature à être le dernier.

Reste à savoir si la société du spectacle, de l’illusion et de la triche, celle de la planche à billets où la monnaie virtuelle prime l’argent issu du travail, ne se fracassera pas, un jour, sur la réalité des choses.

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15 juillet 2015 3 15 /07 /juillet /2015 09:49

Inutile de se cacher derrière le gros doigt Allemand : la France ne peut se dire grande fille et agir comme un enfant.

-- Un régime qui viole le verdict du referendum relève de la dictature. De Gaulle a quitté le pouvoir dans l’instant même où le Peuple a voté non au referendum qu’il avait appelé. Au nom de cela, la France n’a pas le droit d’imposer à la Grèce un plan de rigueur que le peuple grec a fortement refusé. Cette violation du principe démocratique ne peut que déboucher sur une instabilité politique dont la France portera, aussi, la responsabilité.

-- Ce plan de rigueur, qui vient après que le premier puis le second se soient révèles inefficaces, met la Grèce sous tutelle mais ne va pas faire baisser le chômage par lequel ce pays perd son sang. Il est d’ailleurs probable qu’Alexis Tsipras ne l’appliquera pas.

-- Bref, François Hollande, son Gouvernement, les « Républicains » et tous ceux qui vont voter la feuille de route imposée à la Grèce verront bientôt ressurgir le problème. Quand les Grecs ont besoin du Samu, l’Europe leur prescrit le parcours du combattant : c’est un remède qui marche rarement !

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13 juillet 2015 1 13 /07 /juillet /2015 10:02

Je suis le Taureau puissant, capable, d’un coup de mon sceptre magique, de soumettre Europe à nos vœux, dit-il à son peuple. Celui-ci, trop heureux de se croire enfin délivré du maléfice de la méchante Valkyrie, s’écria Dionysos, Dionysos : Vivons heureux à l’ombre du pampre nourricier et de la grappe d’or. Dionysos-Dionysos reprit le chœur des Mélenchon.

Lorsque le pain vint à manquer, le Sorcier dit à son peuple : Tenez bon et dites non à cette gaupe qui persiste à nous vouloir du mal. Ce que fit, la faim au ventre, le Peuple courageux.

On ne sait quel étrange sortilège, plus fort que lui, poussa notre apprenti à accepter d’Europe aujourd’hui ce qu’il avait demandé, la veille, au Peuple de refuser. Dans d’autres temps et sous d’autres Peuples le sorcier Tsipras eut été condamné au bûcher. Il n’en est rien tant il est vrai « qu’à une certaine extrémité du désespoir l’indifférence surgit »

Le plus drôle c’est que François Hollande fera prendre, dès mercredi, à la France, des engagements que la Grèce ne tiendra pas. Et le plus fort c’est qu’il peut en tirer avantage pour se faire réélire en 2017.

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9 juillet 2015 4 09 /07 /juillet /2015 10:43

Que le précèdent gouvernement grec ait tapé sur les pauvres et ménagé les riches est un fait indéniable que les gauches expliquent par une sorte de trouble connivence avec les banquiers « terroristes » de la zone-euro.

Mais, après Michel Onfray, je me demande pourquoi, alors qu’il a refusé de jurer sur la Bible, Alexis Tsipras n’a pas aboli les prébendes (parfaitement injustes) de l’Eglise Orthodoxe ? Pourquoi, aussi, fait-il preuve d’autant de bienveillance vis-à-vis des riches grecs liés à Washington ?

Je trouve l’explication dans le fait qu’au-delà des sentiments et des idées il n’y a pas de plus fortes alliances que celles de la raison. En ces temps de campagne électorale les démocrates américains ont besoin des lobbys grecs et de leurs subsides. De son côté Alexis Tsipras a besoin du puissant soutien de Washington contre la méchante Allemagne.

Ceci expliquant cela, le physique hollywoodien du premier ministre grec n’est pas pour rien dans les commentaires flatteurs qui se tiennent, à son sujet, dans les restos chics américains.

Voilà pourquoi à l’intérêt politique des socialistes français (y compris ceux des plus à gauche), vient se mêler celui, franchement vénal, des capitalistes.

Voilà pourquoi Paris et Washington, soutenus par l’ensemble des forces de gauche arriveront à faire que, non seulement les grecs ne paient pas leurs dettes, mais que celles qui vont venir soient supportées par les contribuables européens, notamment français.

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8 juillet 2015 3 08 /07 /juillet /2015 13:26

La crise grecque révèle les défauts de conception et de gouvernance de la zone euro.

Conception : En croyant qu’une même monnaie pourrait, sans problèmes, convenir à des économies aussi différentes que celles de l’Allemagne et de la Grèce, les pères de la zone-euro se sont fourrés le doigt dans l’œil. La crise aigüe de la Grèce (larvée dans d’autres pays) a pour cause première ce défaut originel.

Gouvernance : Le précepte multicéphal avoue ses limites et montre son impuissance. Pour décider, disait Foch, une assemblée doit avoir un nombre impair, mais trois c’est déjà trop.

A la lumière de cette crise deux visions différentes se dégagent :

L’une est pour une zone- euro à parité forte, basée sur le sérieux budgétaire, le déficit réduit, la dette contenue et strictement honorée.

L’autre pour un euro à parité faible, la prééminence sociale plutôt que la rigueur budgétaire, la dette en tant qu’outil d’ajustement dont le remboursement reste soumis aux exigences économiques et sociales.

Le problème n’est pas tant dans les différences des points de vue que dans la volonté absurde des parties de rester ensemble, chacune d’entre elles s’obstinant à imposer à l’autre sa vision.

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7 juillet 2015 2 07 /07 /juillet /2015 11:16

Personne ne peut dire de façon précise ce à quoi ont répondu les Grecs lors du dernier referendum. Une chose est sure : la popularité d’Alexis Tsipras en sort renforcée.

Pour le moment, le peuple Grec reste tributaire de l’aide humanitaire dispensée aux Banques grecques par la BCE, (avec des fonds essentiellement Allemands).

Maintenant que les jeux du cirque sont terminés, le temps des discussions sérieuses est venu. Puisque, le Président Hollande, le Président Junker, Le Premier ministre Valls (pour ne citer qu’eux) disent haut et fort que la Grèce doit rester dans la zone-euro, Alexis Tsipras se trouve dans la position du client auquel son banquier dit vouloir, quoi qu’il arrive, conserver sa clientèle.

Cette curieuse façon d’aborder la négociation donne la part belle à la partie adverse, mais compte tenu de la réalité des forces en présence, de la réalité économique de son pays, Alexis Tsipras, même fort de ces soutiens, devrait devenir prudent.

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