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18 juin 2016 6 18 /06 /juin /2016 09:06

Je ne dis pas que le simple citoyen est à la hauteur des « politiques » souvent énarques ou autres normaliens, je ne dis pas que le peuple est assez intelligent pour être souverain, j’observe seulement que du « Non » à la constitution européenne, sorti des urnes en 2005, au « Non » de fait à la loi El Khomri, les pouvoirs successifs n’ont cessé de faire le contraire de ce que le peuple voulait.

J’observe également que, depuis quelques mois, les mouvements sociaux se succèdent, plus ou moins violents, plus ou moins licites et que cela perdure sans que l’on sache où ils vont s’arrêter.

Action-réaction : c’est le principe fondamental (selon lequel à toute action correspond une réaction d'intensité égale mais de sens opposé) dont nous voyons les effets aujourd’hui. On peut prédire que la réaction sera en temps ou en force d’intensité égale à la violence qui fut faite au peuple en 2008 et qui perdure aujourd’hui : Nous ne sommes plus au temps où les enfants devaient se taire à table.

Déjà limite autoritaire, la cinquième république permettait dans sa version septennat de tenir compte de l’avis citoyen jusqu’au point de la cohabitation. Le quinquennat a cassé cette mécanique et réduit l’expression populaire à l’impuissance, au moins tout le temps de la durée du mandat.

Mme. Najat Vallaud Belkacem (*) dit qu’il faut donner plus de pouvoir au pouvoir. Le chemin de la dictature est attirant pour les élites mais l’histoire nous montre que, même en pente douce, c’est le pire à emprunter.

· Emission JJ Bourdin.

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16 juin 2016 4 16 /06 /juin /2016 13:11

Lorsqu’un Président pense que la légitimité de ses actions tient aux seules prérogatives que lui donne la Constitution et que son devoir de bien faire prime l’opinion des gens, il lui reste pour susciter la cohésion citoyenne, de démontrer la nécessité d’exporter une guerre laquelle, en retour, importe des attentats.

Quand ce même Président, a peine élu, perd la confiance des français puis, par la suite, celle de sa majorité parlementaire, il n’a plus, au nom de ce même devoir, que le refuge de l’obstination, et du 49-3.

Alors le mécontentement populaire, qui butte sur l’autisme du pouvoir, se fractionne en autant de revendications particulières, successives et plus ou moins violentes : blocages des routes par les agriculteurs et les taxis, arrêt des raffineries, perturbations des trains et des métros, grève des éboueurs, manifestations diverses etc.

Plus grave encore est la colère qui pousse certains à s’en prendre verbalement et physiquement à la police et vont jusqu’à oser attaquer les hôpitaux d’enfants. A cette décomposition du sens citoyen vient s’ajouter l’horreur du crime auprès d’innocents dont la seule faute est de porter, par leur métier, le symbole de la république.

La chance d’une accalmie se niche dans l’apathie (la sagesse ?) d’un vieux peuple qui en a vu bien d’autres, le temps des vacances et la perspective des élections.

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14 juin 2016 2 14 /06 /juin /2016 10:24

Le roi François était doté d’une nature enjouée et d’un caractère optimiste. Il n’allait pas jusqu’à dire que tout était pour le mieux dans le meilleur des mondes, mais, pour aussi terrible qu’il soit, il voyait chaque évènement sous son aspect le moins violent : « A quelque chose malheur est bon ».

Il joignait à cela un manque foncier d’imagination qui le protégeait des tourments provoqués par l’attente d’évènements présumés qui pourraient advenir. A chaque malheur avéré il opposait des commentaires affligés parfois suivis de solennités et autres cérémonies propres à servir de catharsis.

Servi par un Premier à la langue de fer mais aux bras d’argile et devant les attaques répétées de tueurs fanatiques, le gouvernement avait fait instaurer un « Etat d’urgence », mou du genou, lequel, quoiqu’il en soit, n’avait pas permis d’éviter l’assassinat de policiers par un individu, un de plus, parmi les mille dangereux bien connus de la justice et des services.

Alors, après les tueurs, les casseurs, les manifs, les grèves, les rixes, les citoyens se demandaient de quoi demain serait fait… « De vacances » augurait le bon roi François.

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10 juin 2016 5 10 /06 /juin /2016 10:42

J’écoutais ce matin Anne hidalgo évoquer le souvenir du front populaire et recommander au gouvernement d’initier un nouveau grenelle pour mettre fin, par la discussion, aux désordres sociaux. Madame Hidalgo, comme bien d’autres responsables politiques, oublie simplement un petit détail : Par son adhésion à l’euro la France a perdu la maitrise de sa propre monnaie.

Un simple coup d’œil sur l’histoire permet de dire comment la France fonctionnait à l’époque du franc. Chaque avancée sociale était suivie, a plus ou moins long terme, d’une inflation monétaire qui conduisait inévitablement à une dévaluation (le gouvernement du front populaire décida deux dévaluations successives 35 et 25%).

Ce système à deux temps qui permettait à la main droite de reprendre en partie ce que la main gauche avait donné (les accords de grenelle de 68 furent suivis d’une dévaluation en 1969) ne peut plus fonctionner aujourd’hui dans le cadre d’une monnaie commune régie par la Banque Centrale Européenne laquelle a précisément pour mission de limiter l’inflation.

On peut comprendre la difficulté du gouvernement qui se trouve pris entre les vigoureuses nostalgies gauchistes de certains et les obligations d’un modus vivendi européen.

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9 juin 2016 4 09 /06 /juin /2016 08:14

Il advint qu’un sieur Mélenchon, fort bretteur de paroles, s’avisât que le peuple de France (seulement autorisé à choisir ses maitres tous les cinq ans) aspirait à être plus souvent et plus directement consulté. En reprenant à son compte la citation de Lincoln « Un bulletin de vote est plus fort qu’une balle de fusil » (*) le sieur Mélenchon comptait, pour se faire élire roi, sur la crédulité des benêts fous de joie à l’idée qu’ils allaient enfin être entendus.

Chez les grecs un certain Tsipras accéda au pouvoir sur la foi qu’il consulterait le peuple et tiendrait compte de ses avis. « Le "verdict populaire" pèsera davantage que la volonté du gouvernement » avait-il dit. Las ! Bien que le peuple ait dit non, Tsipras s’empressa de dire oui à des mesures exigées par les créanciers et imposa, contre celle du peuple, la volonté du gouvernement.

De la même manière, si le sieur Mélenchon était élu il devrait compter avec ceux qui, bon an mal an, renflouent le royaume à coup de milliards d’écus. Alors il se pourrait, qu’à son corps défendant, la parole populaire pesât moins lourd que celle du grand argentier de Francfort, du grand manitou de Bruxelles et des grands financiers qui siègent à Washington.

* « Un bulletin de vote est plus fort qu’une balle » : Celle qui tua Lincoln lui fit un sérieux démenti.

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3 juin 2016 5 03 /06 /juin /2016 10:21

Par son discours aux Maires de France François Hollande dévoile les grandes lignes qui vont soutenir sa candidature à la Présidentielle de 2017.

1) Face à la dramatisation du terrorisme, François Hollande se pose en protecteur de la Nation.

2) Alors qu’il s’était servi de la mauvaise conjoncture pour enfoncer son prédécesseur, François Hollande va, de la même manière, exploiter les bienfaits de la conjoncture actuelle pour l’endosser à son profit.

3) Le programme de la Droite lui sert de repoussoir pour démontrer sa position de gauche, ce qui n’était guère évident jusqu’ici.

4) Enfin et surtout, le futur candidat va profiter de sa fonction actuelle pour redonner aux possibles acteurs directs et indirects de sa réélection, du grain à moudre sous forme de subsides subtilement repartis et étalés dans le temps de telle sorte que les bénéficiaires aient intérêt à le remettre en position de tenir ses promesses.

Cette dernière option, pour une part déjà mise en œuvre, risque de contrevenir au programme des grandes orientations politiques économiques de Bruxelles (Gopé) auxquelles François hollande s’est attaché de répondre, jusqu’à présent. (Manuel Valls, Emmanuel Macron). La loi travail n’a d’autre utilité que de servir de gage à la commission. « La réforme du droit du travail voulue et imposée par le gouvernement Valls est le minimum de ce qu'il faut faire » a dit Jean Claude Juncker.

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31 mai 2016 2 31 /05 /mai /2016 14:53

En ce temps, il y avait belle lurette que le royaume de France s’était allié à d’autres états européens en vue de former une monnaie commune propre à faire moult commerces. Cela impliquait que le pays dut se soumettre à un certain nombre de règles édictées par Bruxelles et Francfort.

Or il se trouvait que depuis bien longtemps, le France avait du mal à y répondre pour la simple raison que la bonne marche de ce pays passe par une dépense plus forte que ses recettes. Autrement dit, comme au temps de Louis IV, la France dépensait plus qu’elle ne gagnait, ce qui lui permettait de soutenir un train de vie agréable mais au-dessus de ses moyens.

Pour se faire élire, le Roi François avait fait croire qu’il pourrait en donner plus encore par sa capacité à tordre le bras de l’Alliance, elle-même soupçonnée de connivence avec la finance exécrée.

Il se trouve, qu’à peine élu par un peuple trop content de voir qu’il avait été compris, le Roi François fit la bise à la reine de la Ligue et se lança dans le pari fou de réduire les déficits pour ramener les comptes dans les clous de Bruxelles. Une volée d’impôts jointe à une mise au régime des administrations eurent pour effet de diminuer le déficit public qui restât cependant au-dessus du seuil espéré avec, en prime, une forte augmentation du chômage.

A l’approche de la fin de son mandat, le Roi François avait, pour se faire réélire, besoin de lâcher du lest, afin de ramener à lui ses électeurs de cœur. Il comptait, pour cela, sur la bienveillance de Bruxelles qui, en échange, lui demanda, fermement, de faire preuve de bonne volonté en faisant, au moins, une vraie réforme.

Ainsi naquit, dans la fébrilité, la loi travail, ni faite ni à faire, qui déplut immédiatement à une majorité de parlementaires ainsi que de français et qui entraina la fureur de nombre guildes de travailleurs avec protestations, défilés, grèves et forts ennuis pour les populations.

Cependant le Roi François restait droit dans ses richelieus et, sauf à consentir quelques retouches, entendait bien imposer sa loi. C’était le gage grâce auquel l’Alliance fermerait les yeux sur la pluie d’or qu’il devrait dispenser pour assurer sa réélection.

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24 mai 2016 2 24 /05 /mai /2016 12:47

La première erreur de François Hollande fût de faire croire aux français qu’il avait le pouvoir de peser sur Bruxelles pour amender le pacte de stabilité afin de libérer la France des contraintes budgétaires que cela impliquait.

Sa seconde erreur a été de faire du chômage la variable d’ajustement entre les contraintes européennes et notre incapacité structurelle à y faire face.

Au lieu d’arrondir son virage pour amener la France à changer de cap en cinq ans, François Hollande a, dans les derniers moments, brusquement infléchi la trajectoire, provoquant ainsi un dérapage qu’il a du mal à maitriser.

Le pays est dans une mauvaise passe. La crispation du pouvoir sur des positions qui relèvent de l’autoritarisme pour défendre une loi mal conçue, mal reçue et sans effets plausibles, en dit long sur sa difficulté à bien gouverner.

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20 mai 2016 5 20 /05 /mai /2016 08:58

Il y a dans la Constitution, à l’article 2 du titre premier, une affirmation selon laquelle le principe de la Cinquième république est le « gouvernement du peuple par le peuple pour le peuple » Cette vieille formule d’Abraham Lincoln n’a pas beaucoup de sens puisque, même en démocratie, les peuples sont gouvernés par une minorité de chefs. Cet énoncé n’est là que pour faire joli.

Par contre l’obligation de consulter le peuple tous les cinq ans, pour renouveler la classe politique, relève bien de la démocratie dite représentative à condition que les lois soient votées par des parlementaires dument mandatés par les citoyens.

En France le Président, une fois élu, peut autoriser le gouvernement à tordre le bras des assemblées grâce à l’article 49-3. Cette action, bien que parfaitement légitime, accentue le caractère non démocratique qui caractérise la Constitution de la cinquième république.

Les partisans de la manière forte avancent comme argument que le pouvoir a le devoir d’imposer au peuple ce qu’il estime le meilleur pour lui, lorsque les élus ne se montrent pas à la hauteur des enjeux.

Il reste que si, comme disait Hugo, la bêtise du peuple ne lui permet pas d’être souverain, pourquoi lui donnerait-elle la pertinence pour désigner ses maitres ?

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16 mai 2016 1 16 /05 /mai /2016 08:53

En ce temps, il advint que le Roi et son Premier, imposèrent une loi dont le peuple ne voulait pas. Mais la démocratie présentait l’avantage de permettre que les Maitres, une fois élus, n’aient pas à tenir compte de l’opinion des gens.

La contestation aurait dû, comme d’habitude, s’en tenir à des manifestations encadrées et paisibles, telles qu’autorisées par la loi, mais quelques violences inhabituelles donnèrent à croire qu’une véritable colère montait au sein de la population.

Le moment du renouvellement des Seigneurs approchait et il vint à l’esprit de quelques petits Maitres d’entrer en rébellion avec M. Premier. Ils le firent au nom de leur conscience afin de ne point déroger aux principes auxquels ils devaient d’avoir été élus. Incidemment, cela leur donnait aussi prétexte de tenter leur chance aux prochaines élections.

Un vieux sage auquel on avait rapporté les faits en déduisit que les régimes, faute de s’adapter aux réalités du monde, ne manquaient pas, eux aussi, de vieillir.

« Quand le peuple sera intelligent, alors seulement il sera souverain » Et si le peuple devenait intelligent ?

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