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24 mai 2016 2 24 /05 /mai /2016 12:47

La première erreur de François Hollande fût de faire croire aux français qu’il avait le pouvoir de peser sur Bruxelles pour amender le pacte de stabilité afin de libérer la France des contraintes budgétaires que cela impliquait.

Sa seconde erreur a été de faire du chômage la variable d’ajustement entre les contraintes européennes et notre incapacité structurelle à y faire face.

Au lieu d’arrondir son virage pour amener la France à changer de cap en cinq ans, François Hollande a, dans les derniers moments, brusquement infléchi la trajectoire, provoquant ainsi un dérapage qu’il a du mal à maitriser.

Le pays est dans une mauvaise passe. La crispation du pouvoir sur des positions qui relèvent de l’autoritarisme pour défendre une loi mal conçue, mal reçue et sans effets plausibles, en dit long sur sa difficulté à bien gouverner.

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20 mai 2016 5 20 /05 /mai /2016 08:58

Il y a dans la Constitution, à l’article 2 du titre premier, une affirmation selon laquelle le principe de la Cinquième république est le « gouvernement du peuple par le peuple pour le peuple » Cette vieille formule d’Abraham Lincoln n’a pas beaucoup de sens puisque, même en démocratie, les peuples sont gouvernés par une minorité de chefs. Cet énoncé n’est là que pour faire joli.

Par contre l’obligation de consulter le peuple tous les cinq ans, pour renouveler la classe politique, relève bien de la démocratie dite représentative à condition que les lois soient votées par des parlementaires dument mandatés par les citoyens.

En France le Président, une fois élu, peut autoriser le gouvernement à tordre le bras des assemblées grâce à l’article 49-3. Cette action, bien que parfaitement légitime, accentue le caractère non démocratique qui caractérise la Constitution de la cinquième république.

Les partisans de la manière forte avancent comme argument que le pouvoir a le devoir d’imposer au peuple ce qu’il estime le meilleur pour lui, lorsque les élus ne se montrent pas à la hauteur des enjeux.

Il reste que si, comme disait Hugo, la bêtise du peuple ne lui permet pas d’être souverain, pourquoi lui donnerait-elle la pertinence pour désigner ses maitres ?

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16 mai 2016 1 16 /05 /mai /2016 08:53

En ce temps, il advint que le Roi et son Premier, imposèrent une loi dont le peuple ne voulait pas. Mais la démocratie présentait l’avantage de permettre que les Maitres, une fois élus, n’aient pas à tenir compte de l’opinion des gens.

La contestation aurait dû, comme d’habitude, s’en tenir à des manifestations encadrées et paisibles, telles qu’autorisées par la loi, mais quelques violences inhabituelles donnèrent à croire qu’une véritable colère montait au sein de la population.

Le moment du renouvellement des Seigneurs approchait et il vint à l’esprit de quelques petits Maitres d’entrer en rébellion avec M. Premier. Ils le firent au nom de leur conscience afin de ne point déroger aux principes auxquels ils devaient d’avoir été élus. Incidemment, cela leur donnait aussi prétexte de tenter leur chance aux prochaines élections.

Un vieux sage auquel on avait rapporté les faits en déduisit que les régimes, faute de s’adapter aux réalités du monde, ne manquaient pas, eux aussi, de vieillir.

« Quand le peuple sera intelligent, alors seulement il sera souverain » Et si le peuple devenait intelligent ?

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13 mai 2016 5 13 /05 /mai /2016 09:47

Comme Sisyphe, Valls est capable de pousser d’énormes cailloux sans plus de résultats. Sa loi, qu’il impose aux français avec la force d’un bulldozer, ne fait que donner plus encore aux grosses entreprises, qui n’en ont nul besoin, plutôt que d’apporter soutien là où il faudrait pour stimuler l’embauche.

Si l’on peut saluer la capacité du Premier ministre à mater ses adversaires, force est de reconnaitre qu’il est faible au plan des résultats. Si la France va mieux, le gain en revient bien plus à des effets de conjoncture qu’à ses propres actions.

Personne ne conteste la légitimité du 49-3, mais fallait-il pour autant bafouer aussi brutalement les prérogatives d’un parlement dont le vrai pouvoir se limite aux débats ?

Lorsqu’une une loi est aussi manifestement rejetée par le peuple mais imposée (même légalement) de force à lui, il y a, sinon dans la lettre, au moins dans l’esprit, imposture à prétendre que le dictat convient au « gouvernement du peuple, par le peuple » ainsi qu’il est inscrit à l’article 2 de la Constitution.

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11 mai 2016 3 11 /05 /mai /2016 12:15

Passons sur la fourberie de la Constitution quand elle proclame (article 2) que son principe est : « gouvernement du peuple par le peuple pour le peuple » alors que, grâce à la contrainte permise par le 49-3, la loi El Khomri est imposée aux français contre leur évidente hostilité. Le peuple désigne ses maitres mais ne gouverne rien du tout.

Passons également sur l’impotence des représentants du peuple qui, tout en refusant de voter cette loi, crient au viol mais refusent d’aller jusqu’à la motion de censure par crainte de perdre le soutien de leur parti.

Manuel Valls a dans sa manche trois atouts : la faiblesse des frondeurs, le 49-3 et les CRS.

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6 mai 2016 5 06 /05 /mai /2016 09:08

Quand le temps des regrets l’emporte sur les rêves,

Lorsqu’il ne reste rien que le vide accompli,

Il faut marcher encore et refuser la trêve,

Que propose le sort d’un sommeil infini.

Il faut marcher encore, sans but et sans espoir,

Marcher devant, toujours, au nom de l’habitude,

Avec pour seul bagage la frêle certitude,

Qu’aimer était le seul et sublime devoir.

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28 avril 2016 4 28 /04 /avril /2016 14:27

Dans ce royaume bonne pâte où les sujets avaient le droit de choisir leur souverain, la démocratie (bien qu’il fût malséant de le dire) portait, en son sein même, un germe corrupteur.

On voyait dans les assemblées ou à la tête des partis (jusqu’à des prétendants au royaume) nombre d’élus, ci-devant repris de justice. Cela ne troublait guère le fonctionnement de la machine, malgré que la somme des sujets s’abstenant de voter allant grandissant poussât la démocratie vers un concept plus symbolique que réel, de telle sorte que les minorités imposassent leurs lois.

Mais si la malhonnêteté et le déclin moral, en tant que composante du système, en devenaient, du coup, d’utilité publique, cela n’allait pas jusqu’à lui donner accès au droit moral du pouvoir d’ergastule.

La force suprême, celle de punir, fut donc confié à une autorité indépendante, surtout pas issue du suffrage universel, avec l’idée que les magistrats recrutés sur concours ou cooptés entre eux, une fois débarrassés du souci de se faire élire, pourraient, tout à loisir, être vertueux.

Kant disait que l’homme a été taillé dans un bois si tordu qu'il est douteux que l'on puisse jamais en tirer quelque chose de tout à fait droit. L’indépendance de la Justice exige, pour croire en son mérite, que le vieux sage avait tort.

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26 avril 2016 2 26 /04 /avril /2016 09:49

Tandis que la Droite cultive de trop nombreux melons et que la Gauche se cherche, des membres du gouvernement sont déjà en campagne pour les présidentielles.

Avec « Hé Ho la gauche » Stéphane Le Foll prend la tête du comité de soutien à la candidature de François Hollande. De son côté Emmanuel Macron fonde « En Marche » mouvement politique dont il espère déployer les voiles pour faire profiter la France des vents de la mondialisation.

Entre Hollande (et son club) et Manuel Macron s’amorce le combat de la Gauche des Anciens contre celle des Modernes.

Entre les deux, Manuel Valls, lui-même prétendant à une Gauche moderne mais irrité de se voir dépassé à droite par Emmanuel Macron, hésite entre ses propres convictions et sa fidélité, mainte fois jurée, à l’égard de François Hollande.

Que va faire le Premier des ministres ? Suspens…

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25 avril 2016 1 25 /04 /avril /2016 13:06

Dans un pays où il est interdit de pousser un brancard sans avoir un diplôme, où chaque jour l’avancée des techniques exige des compétences de plus en plus pointues, la modernité joue les essoreuses et le nombre de Margaux Gilquin (*) ne cesse de grossir. Ils sont comme elle, sans compter les chômeurs, des millions à essayer de vivre avec 16 euros par jour.

Cette « fracture sociale », comme on disait avant, s’augmente aussi par le différentiel scandaleux entre les très hauts et très bas revenus qui dépasse les un pour mille.

Lorsque la machine à broyer les exclus est conduite par la droite, on y trouve une certaine logique, mais quand c’est la gauche qui la mène, l’incohérence surgit.

La gauche intelligente serait-celle qui pourrait configurer le progrès de telle sorte qu’il cesse d’être un outil à exclusion et non celle qui nous sert des bobards.

*Reportage de BMFTV

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23 avril 2016 6 23 /04 /avril /2016 13:35

En ce temps, venait peu à peu celui où le Roi, devait remettre en lice sa couronne. Sa nature stoïque le poussait à un optimisme auquel sa bonne étoile avait jusqu’ici répondu.

Pourtant, au moins dans le moment relaté par ce grimoire, les augures n’étaient pas bons : ils prédisaient, de la part du bon peuple, un désamour massif pour le Roi.

Ce n’était point que son fidèle « Premier » ne se démenât pour porter haut les couleurs de son maitre. Jusqu’à crier « J’aime l’Entreprise » au risque de froisser la meilleure noblesse, celle de la pensée, qui porte à détester toute action visant l’exploitation de l’homme par l’homme.

Heureusement, cela ne fut que dans les premiers moments, avant que son revirement ne lui fasse à nouveau comprendre que la gauche, dont se prévalait son prince, n’existait que pour haïr les ducats, qu’il convenait cependant d’emprunter d’abondance pour arroser les mécontents.

L’histoire relate, qu’au cours d’un banquet, un sire haut en couleurs et fort amateur de ribaudes, avait, dans un grand rire, dit qu’un pet qui ne pars pas droit ne monte jamais au ciel. Métaphore dont l’indigence poétique fut compensée par la justesse du trait : le roi avait bel et bien loupé son coup dès le départ.

Les choses en étaient là et plus le temps avancerait, plus il serait évident que le « Premier » devrait donner priorité à servir les intérêts de son maitre plutôt que ceux du pays.

Cependant cette allégeance à la cause du maitre n’était pas partagée par un autre influent, fort prisé du roi lequel se persuadait de son obédience par la seule reconnaissance de ce que ce ministre lui devait.

Ce ministre intelligent, donc lucide, n’avait, non plus, aucun goût pour le suicide. A la dernière page on voit que le malin se démarque, à petits coups de fleuret moucheté, désolé, semble-t-il, de devoir préférer servir le pays plutôt qu’un homme aussi prestigieux qu’il fut. Le livre s’arrête là.

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