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5 février 2016 5 05 /02 /février /2016 17:20

Le projet de déchéance de nationalité pose tout naturellement la question de savoir ce qu’est, aujourd’hui, la Nation française. De la définition magistrale d’Ernest Renan (1) je retiens le fait essentiel que les Nations sont mortelles : « Les nations ne sont pas quelque chose d’éternel. Elles ont commencé, elles finiront. La confédération européenne, probablement, les remplacera » Prédiction hautement prophétique selon laquelle l’Europe et plus précisément celle de la zone euro, ont signé l’acte de décès de la Nation française telle, au moins, qu’elle était vue et enseignée (à tort ?) depuis Jules Ferry.

Entre temps, la France, celle issue de paysans imprégnés de culture Judéo-Chrétienne, est désormais multiculturelle et multi religieuse. Monnaie commune (2), frontières ouvertes, attachée aux décisions de Bruxelles, l’idée de Nation se réfugie dans la volonté de tout un chacun du « vivre ensemble ». La difficulté relève de la contradiction qu’il y a d’affirmer cette conviction tout en soutenant l’impérieuse nécessité de mettre en place un Etat de plus en plus policier.

Dans son discours d’entrée à l’Académie Française Alain Finkielkraut dit ceci : « J’ai découvert que j’aimais la France le jour où j’ai pris conscience qu’elle aussi était mortelle, et que son « après » n’avait rien d’attrayant »

Et si « après » c’était maintenant ?

1)Conférence à la Sorbonne 1882

2)Philippe Seguin en 1991 : « Il doit être compris qu’avec une monnaie unique gérée par des gnomes irresponsables, avec l’exigence de la convergence des économies, nous n’aurons plus de marge pour une politique budgétaire et une politique monétaire nationale »

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23 décembre 2015 3 23 /12 /décembre /2015 14:18

Dans l’imagerie populaire le terme de démocratie est souvent associé à l’idée du « peuple souverain ». Mais la démocratie n’est pas que cela, c’est aussi une dimension culturelle, une forme de société ayant pour valeurs essentielles liberté et égalité.

De ce fait, et pour quelques raisons que ce soit, tout bouleversement des principes de libertés et d’égalités entraine, ipso-facto, une altération de la démocratie. Ainsi en est-il de la loi sur le renseignement et de l’état d’urgence qui font basculer de la justice à l’administratif le droit de suspicion et de contrainte.

A noter, au passage, la fragilité du système démocratique français puisque quelques dizaines d’assassins suicidaires auront suffi à semer une psychose de peur allant jusqu’à justifier la modification de la constitution.

En 1940, l’Allemagne déverse des milliers de tonnes de bombes sur les grandes villes anglaises. L’objectif est de paralyser le pays en anéantissant l'industrie et les centres administratifs et militaires. Mais il est également psychologique. Londres est devenue un objectif prioritaire, mais malgré les 55 000 tonnes larguées entre juin 1940 et 1941, malgré les 40 000 morts causées en neuf mois par ces attaques massives, la population tient bon signant ainsi l’échec de la stratégie allemande.

Faut-il en déduire une différence abyssale entre les Anglais d’alors et les Français d’aujourd’hui ? Pas forcément, l’attitude du pouvoir compte aussi pour beaucoup. Ô tempora, Ô mores !

D’autre part, et pour faire simple, dans la hiérarchie des différentes formes de démocraties dignes de ce nom, le régime présidentiel français se situe au dernier rang, loin derrière les démocraties dites directes. En effet c‘est le seul état européen dans lequel des gens qui votent, même en grand nombre, pour un parti n’ont pas droit à être représentés au parlement.

Voilà pourquoi le mot « démocrature » revient de plus en plus souvent pour désigner le régime Présidentiel Français.

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21 décembre 2015 1 21 /12 /décembre /2015 10:32

Hitler était-il fou ? Quoiqu’il en soit, il souffrait d’obsessions qui touchaient au délire paranoïaque :

  • Passion exacerbée pour la nation et la « race » allemande.

  • Haine sauvage des Juifs.

De ce temps-là, je me méfie de tous ceux qui prônent un amour immodéré de la patrie et qui stigmatisent pour quelques raisons que ce soit des groupes, des communautés ou des phratries.

Quelles que soient, bonnes ou mauvaises, les raisons qui s’opposent à telle ou telle entité, on en revient toujours à condamner les individus qui les constituent, sans distinction de leur innocence ou de leur culpabilité.

C’est ainsi qu’aux simples dires que tous les Juifs étaient coupables des malheurs du monde, allemands et français ont envoyé à la déportation, hommes femmes et enfants, seulement fautifs d’être nés Juifs…Faut-il de la même manière condamner en bloc tous les musulmans au prétexte d’un Islam barbare ?

Puisqu’il est impossible, oui impossible, de dénoncer un Parti sans incriminer ses électeurs, est-il juste, comme y incitent Manuel Valls, Christian Estrosi et les autres, d’exécrer les millions de français qui votent Front National ?

Si le FN est un Parti hostile à la République il ne suffit pas de dire comme Manuel Valls : « Le FN n’est pas de la République » Il faut expliquer pourquoi. Si le FN est un Parti risqué il ne suffit pas de clamer comme Christian Estrosi « Sectaire et nauséabond » Il faut expliquer en quoi il est sectaire et nauséabond, de façon à éclairer l’électeur plutôt que de le vilipender. A cet égard la bande dessinée de Durpaire/Boudjellal est bien plus didactique que les diatribes du Premier ministre.

Les français conscients du manque d’honnêteté intellectuelle de la classe politique, mais ils ne sont pas sûrs que le chômage baisserait dans un monde de vertu.

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19 décembre 2015 6 19 /12 /décembre /2015 13:01

Fillon, NKM, Raffarin, Apparu, Yade, Muselier, Bertrand… on ne compte plus ceux qui, de son camp, ont brandi le poignard contre Nicolas Sarkozy. Sa présence au stade de France, le soir des régionales, était peut-être sa façon à lui de dire « Et toi aussi mon fils » en parlant d’Estrosi.

Sarkozy kaput ! C’est dans l’ordre des choses puisque la victoire de la gauche s’était déjà fondée sur son agonie. Ce qui est plus méprisable c’est de voir comment les susnommés se servent de son cadavre pour arriver à leurs fins.

Alain Juppé aura eu l’astuce, mais non la gloire, de laisser à son adversaire le soin de nettoyer l’écurie UMP avant d’en devenir le maitre, aidé en cela par Manuel Valls, Hercule valeureux qui l’aura préservé de l’Hydre du FN.

Reste à savoir si le Maire de Bordeaux sera meilleur Président qu’il ne fut médiocre Premier Ministre. Je me souviens du temps (Mai 1995) où il disait : « C’est sur notre capacité à provoquer en France un profond et durable mouvement de création d'emplois que nous demanderons, le moment venu, à être jugés » On a vu en effet : à la fin de son mandat (1997) le chômage était au taux record de 12.2% et les gens étaient dans la rue.

A toute chose malheur est bon, c’est sur l’échec programmé de la droite et du centre que la gauche pourra se refaire une santé. 2018 sera, pour eux, l’année de la « Reconquista » et l’aube de la fortune de Manuel Valls.

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17 décembre 2015 4 17 /12 /décembre /2015 10:11

Parce qu’il a trahi sa promesse de révision du pacte européen, parce qu’il n’a pas remis à jour le code des Impôts et celui du travail, parce qu’il n’a pas baissé la dépense publique, fait le ménage dans les assemblées et libéré les forces vives de la nation, parce qu’il n’a pas incité à travailler plus pour gagner plus, parce qu’il a laissé la Justice aux mains du dogmatisme et sans trop de moyens. Parce qu’il n’a pas pallié la déficience de Schengen en sécurisant nos frontières, parce qu’il a trop suivi les positions atlantiques et celles de Mme Merkel… Bref, comme dit Strauss-Kahn, parce que sa fusée est partie de travers, François Hollande a fait monter le mécontentement et boosté le Front National.

Baisse du pétrole, euro au plus bas, agios avantageux, liquidités abondantes, dans ce contexte inespéré, la France souffre de trop d’impôts, de trop de chômage, de trop de dette, de trop d’insécurité et de trop peu de croissance : Manuel Valls, en tant que Premier ministre en porte la responsabilité.

Incapable, pour cause de suivisme de la politique de François Hollande, d’obtenir de bons résultats, mauvais faiseur mais bon diseur, Manuel Valls a jusqu’ici réussi à donner le change en agitant le chiffon rouge du Front National.

Ce chiffon n’ayant plus lieu d’être, au moins pendant quelques mois, Manuel Valls cherche maintenant des partenaires capables de partager et même d’endosser ses échecs.

Déjà, dans les régions, Xavier Bertrand et Christian Estrosi prennent sur eux la charge de décennies d’impérities. Sur le plan national, si Nathalie Kosciusko-Morizet (mal à l’aise dans un Parti stalinien) est encore indécise, Jean-Pierre Raffarin se porte candidat pour un gouvernement de salut national…Ah ! Les braves gens…

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16 décembre 2015 3 16 /12 /décembre /2015 10:30

C’est particulièrement flagrant dans les régions Nord et Paca où Xavier Bertrand et Christian Estrosi, deux barons théoriquement de droite, ne doivent leur victoire qu’au report des voix de gauche. Report fortement induit par Manuel Valls qui les avait nommément adoubés comme candidats officiels du Front Républicain.

Chacun à leur manière (« Ta gueule » dit en substance Xavier Bertrand. Mieux vaut PS en tant qu’allié plutôt qu’ennemi, explique Christian Estrosi) ces deux vainqueurs de grandes régions de France disent zut à Nicolas Sarkozy.

L’UMPS qui sévit en douce dans la gouvernance de la France depuis des décennies, trouve là, par opposition au FN, l’occasion de se manifester au grand jour. C’est un succès pour Manuel Valls qui rêve de disposer d’une force unique pour mener à bien sa lutte acharnée contre « les forces du mal ». Pour ce faire, outre le PS qui lui obéit au doigt et à l’œil, il peut compter sur le ressentiment des « Iznogoud » de la droite, NKM en tête.

Reste à savoir si la mayonnaise va prendre : Si (et cela reste considérable) deux tiers des électeurs restent fidèles au « pacte républicain » on voit bien que le nombre des mécontents ne cesse de grandir. Les Ducs de l’UMPS et leurs Barons, doivent maintenant, s’ils veulent réussir à terrasser les « forces du mal » afficher, enfin, des résultats.

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14 décembre 2015 1 14 /12 /décembre /2015 10:14

En votant pour ceux qui, de gauche et de droite, ont, depuis plus de 30 ans mené le pays, les français ont dit oui à la dette et au chômage.

Ils ont dit oui à la mondialisation polluante, oui à l’Europe invertébrée, oui à l’Amérique hégémonique, oui à l’Ukraine, non à la Russie, oui à la Turquie, (Pays laïc peuplé de musulmans). Les français ont dit oui aux écoutes individuelles, à l’Etat d’urgence, aux gardes à vues, aux assignations à résidence sur simple dictat administratif.

Ils ont dit oui à la guerre en Irak. (Suite effrayante de l’aberration américaine que la France avait en son temps dénoncée).

En bon démocrates le tiers des électeurs actifs qui sont pour un amendement de la mondialisation, une révision de l’Europe, pour l’indépendance d’outre atlantique, pour une réconciliation russe, pour la distance avec la Turquie, pour un poids fiscal plus faible et mieux reparti, pour un droit du travail revu…doivent s’incliner devant le suffrage universel.

Ceux-là, le front républicain, gauche et droite confondues, les considère immoraux. Peut-être ne sont-ils que malheureux ?

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12 décembre 2015 6 12 /12 /décembre /2015 16:09

Pendant que Claude Bartolone se méfie de l’opinion des gens* et de la « race blanche », Manuel Valls broie du noir.

Après le conflit avec l’Etat Islamique, les attentats, l’état d’urgence, voici, dit-il, qu’un terrible fléau, bien pire encore, menace les français : la guerre civile. La France serait, comme au temps de la guerre d’Espagne, divisée en deux camps. D’un côté les républicains (gauche extrême gauche, centre et droite molle), de l’autre les nationalistes (droite dure et extrême droite).

Lorsque (CSA oblige) la France est privée des prédictions catastrophiques que sa voix puissante et métallique propage sur les ondes, il se fait comme un silence salvateur, sorte de répit après la tempête, où chacun se tâte en riant, tout content d’être encore en vie.

A l’approche de Noël et des fêtes de fin d’années quelques jours de rémission dans la distillation des angoisses seraient les bienvenus. Pour ma part, tout en constatant la généralisation de la montée des peurs, je me pose la question de savoir pourquoi le Premier ministre les brandit à chaque instant. Je vois deux réponses possibles :

--L’intérêt politique : la peur comme moyen de faire admettre des mesures contraignant les libertés.

--La sincère obsession que des factions extrémistes ne s’en prennent à la république.

Un psychanalyste pourrait y voir plus clair, mais je suis frappé par la redondance de certaines de ses expressions qui reviennent comme un leitmotiv.

--D’abord les « je veux » … Je veux dire ici, je veux prendre mes responsabilités…

--Ensuite « J’aime » … J’aime la France, j’aime la République etc.

Y aurait-il dans son inconscient comme un besoin de s’affirmer ? L’amour violent qu’il porte à la France n’entraine-t-il pas chez lui un besoin, un devoir, excessif d’avoir à la protéger ?

IL se pourrait aussi qu’après de longs mois de dur travail et d’épreuves, Manuel Valls soit tout simplement fatigué.

* « Dans l’opinion, si vous voyez les positions dominantes, on rétablirait la peine de mort et on virerait tous les immigrés ; Soyons attentifs »

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10 décembre 2015 4 10 /12 /décembre /2015 15:46

Immoral, raciste, dangereux, clament en cœur les plus hautes instances de la république, soutenus en cela par une majorité d’élites et de faiseurs d’opinion. « Si le FN gagnait, ne serait-ce qu’une seule région, ce serait un drame national » dit le premier ministre.

Bigre ! Mais si le FN est si dangereux, ceux qui votent pour lui ne le sont-ils pas plus encore ? Alors puisque le suffrage universel est potentiel de crimes, pourquoi la république laisse-t-elle (sous forme de bulletins) les couteaux à portée des assassins sur la table des bureaux de vote ?

Autrement dit, est-ce que le Président de la République et son Premier ministre ne faillissent-ils pas à leur devoir en refusant d’engager des actions pour interdire ce parti ?

Ce jour, Mme de Sarnez dit que ceux qui votent pour le FN font un acte immoral : Plus de six millions de français qui s’adonnent à l’immoralité ça commence à faire beaucoup. Ne serait-il pas temps que son Parti (et d’autres aussi), interpelle à la tribune, entame des procédures, bref fasse du bruit pour démontrer en quoi le FN est immoral et nuisible et empêcher de donner l’occasion à des salauds ou des imbéciles de s’adonner à des pratiques que la morale réprouve.

Enfin cette république qui sait, qui dit qu’elle nourrit en son sein un Parti immoral et dangereux, république qui ne fait rien pour le soustraire au vote des citoyens mais qui l’utilise à des fins politiciennes, cette république n’est-elle pas, elle-même, dans un comportement immoral ?

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8 décembre 2015 2 08 /12 /décembre /2015 10:40

Si un bon Premier ministre est celui qui a un chômage élevé, une forte dette, une imposition record, une monnaie en baisse, une guerre à financer, des attentats à pleurer et un état d’urgence à renforcer : assurément, Manuel Valls est un excellent Premier ministre.

Tout irait donc bien, si une coutume issue d’un passé qui remonte à 1848, (je veux parler du vote universel masculin) puis étendu en 1944 aux Femmes, ne venait perturber, de loin en loin, la mécanique bien huilée du régime Présidentiel de 1958.

Encore que le suffrage universel soit, en France, particulièrement atone puisque les dernières élections montrent que 50% des électeurs potentiels ne votent pas. Il est vrai que la démocratie représentative évite au citoyen le fardeau de contribuer aux affaires publiques. L’inaction conduisant à l’indifférence, font que lorsque le suffrage est sollicité, le reflexe républicain s’en trouve ankylosé.

Les choses étant ce qu’elles sont, sur 44 millions d’électeurs appelés aux urnes seuls 22 millions se sont déplacés desquels il faut soustraire les six à sept millions qui ont voté FN, mais déclarés officiellement bannis de la République par le Premier ministre et plus informellement proscrits par la classe politique et la majorité de la presse. De 44 millions voici le suffrage, correctement admis, réduit à 15 millions : Quoi qu’ils en disent ce n’est pas un signe de très bonne santé démocratique.

Le sacrifice des postulants socialistes, voulu par le gouvernement pour faire barrage au FN dans les régions où le peuple vote pour lui, sera-t-il suffisant pour permettre à la puissance des appareils de primer la volonté populaire ? Le blocage de la soupape démocratique n’empêchera pas la pression de monter.

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