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15 mars 2016 2 15 /03 /mars /2016 10:14

En venant à sa rescousse, Laurent Berger permet à Manuel Valls de sortir la tête haute et les jambes propres, de l’incroyable galère dans laquelle il s’était fourré. Pour autant (et pourvu qu’il ne l’aggrave pas) le projet Berger-Valls ne soulage en rien la fracture sociale. Fracture sociale entre ceux (et ils sont nombreux) qui disposent d’un bon job, roulent en cross over, vont au ski ou en croisière et les autres, dont on maintient la bouche hors de l’eau à coup de RSA et de restos du cœur. « Vae victis » disaient les romains.

Il pourrait en être ainsi encore longtemps, sauf que, jour après jour, le temps des élections approche et que le projet Berger-Valls participe, en tant que pièce maitresse, à la préparation de la plus belle veste que la gauche ait connue depuis longtemps.

Pour le moment François Hollande, Manuel Valls et son gouvernement feignent de ne pas en avoir conscience : ils sont comme ces gens qui tombant du 15eme étage disent « jusqu’ici tout va bien » jusqu’à l’impact fatal. Je situe à septembre le temps où ceux qu’ils entrainent dans leur chute vont s’enquérir de trouver un parachute. J’augure qu’il sera trop tard !

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14 mars 2016 1 14 /03 /mars /2016 16:57

La reculade de Manuel Valls sur la loi initiale dite El Khomri, donne raison aux nombreux commentateurs politiques qui avaient prévu que la CFDT et son patron Laurent Berger, joueraient un rôle déterminant. Désormais il est clair que ce dernier a imposé au premier ministre des aménagements, propices aux syndicats, mais qui tout en neutralisant l’aspect contraignant du premier texte le prive de réelle efficacité. Mme. El Khomri étant promise au rôle de l’intendance, Laurent Berger a gagné la bataille face au duo Manuel Valls-Macron. At-il pour autant gagné la guerre ? Rien n’est moins sûr.

  1. Il est désormais en opposition frontale avec la CGT, FO, FSU, UNEF (pour ne citer que ceux-là) lesquels réclament le retrait pur et simple de cette loi.

  2. Son projet, une fois validé par le conseil d’état puis par le gouvernement, devra encore passer par le parlement dont on imagine que la navette entre Assemblée et Sénat risque de prendre du temps.

  3. Dans la meilleure hypothèse la mise en œuvre de la loi percutera les élections présidentielles dont j’augure que la gauche ne sortira pas vainqueur, auquel cas (sauf, peut-être, si Alain Juppé est élu) tout sera remis en question.

Mais, entre-temps, Laurent Berger risque de freiner la légère tendance à la baisse du chômage que l’on observe depuis quelques mois. Quand Renaud Dély (*) dit que ce n’est pas au MEDEF de décider la politique, il a raison. Sauf que l’embauche, hormis la fonction publique, se fait bel et bien par les entreprises. Quand on sait que le manque de visibilité est un des principaux obstacles à l’embauche, à moins d’une improbable remontée de la croissance au-delà de 2% du PIB, avec la loi Berger nombre de patrons vont se montrer frileux tant qu’ils seront dans l’incertitude des textes à venir.

*LCP émission de Fréderic Haziza.

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11 mars 2016 5 11 /03 /mars /2016 09:57

Même au nom de son indéfectible fidélité à l’égard du président, Manuel Valls ne devrait pas suivre François Hollande lorsque celui-ci se conduit en notaire matois, digne d’un roman de Maupassant et leurre les français.

En faisant croire que le problème se situe dans un trop plein d’embauches en CDD par rapport au CDI le finaud président désigne le doigt pour masquer la lune.

La difficulté essentielle n’est pas dans le choix de l’embauche mais dans l’insuffisance de celle-ci : entre la mi-2013et la mi-2015 l’économie française a créé 57000 emplois. Dans le même temps l’Allemagne en a généré 482000, l’Espagne 650000 et l’Italie 300000.

En vérité, dans la course européenne de l’emploi la France est en queue de peloton… In cauda venenum.

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10 mars 2016 4 10 /03 /mars /2016 12:56

Selon Camus, Sisyphe est heureux. Il est heureux de pousser son caillou car c’est l’action qui le comble, non pas le résultat.

François Hollande et Manuel Valls sont comme Sisyphe : ils trouvent leur bonheur dans l’accomplissement de réformes qui restent sans bénéfices. Depuis le début du mandat et même après la venue de Manuel Valls aucune de leurs dispositions n’a fait baisser le chômage, réduit la dette et poussé la croissance de façon significative.

Cette volonté de faire plutôt que d’obtenir, risque d’avoir pour effet que la loi Khomri, une fois élaguée de ses branches vives, ne donne des résultats contraires à ceux espérés.

Pourtant le Président et son Premier ministre auront, par la seule conscience d’avoir fait des efforts l’impression du devoir accompli.

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8 mars 2016 2 08 /03 /mars /2016 12:59

--En programmant, une loi (par nature explosive) en fin de mandat de telle sorte qu’elle ne puisse apporter le moindre avantage à ce quinquennat.

--En confiant sa mise en œuvre à une ministre inexpérimentée qui, faute de mieux, se réfugie dans la leçon apprise et la langue de bois.

--En donnant en pâture, dans un mauvais timing, aux syndicats et aux médias un projet mal ficelé dressant contre lui une bonne part de la population active ayant un emploi.

--En redonnant du grain à moudre à une partie de la gauche qui dit son « ras le bol » de ce gouvernement.

--En obligeant le premier ministre à monter au créneau avec pour seul recours l’appui de la CFDT…

Stimulant, de surcroit, une bronca estudiantine, une telle accumulation de bévues pourrait avoir pour cause une certaine appétence au masochisme politique.

Honni soit qui mal y pense.

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5 mars 2016 6 05 /03 /mars /2016 16:58

Après avoir entendu Florian Philippot, il me vint à l’esprit qu’une bonne part du succès de la pétition contre la loi Khomri bénéficiait de l’appui du Front National.

Mais dans un champ plus général, il semble qu’une des causes du rejet massif de cette loi relève d’un réflexe humain qui consiste à défendre son bout de gras. En effet si, selon L’Insee, le chômage s’établit à 10% de la population active et si cela ne veut pas dire que 90% de celle-ci est au travail, cela permet d’affirmer que la très grande majorité de français qui a un emploi voit son intérêt dans le maintien de celui-ci, avec, si possible, une évolution vers le « travailler moins pour gagner plus »

Autrement dit, une large majorité, soutenue par les syndicats, ne veut pas travailler plus pour gagner moins et prendre le risque de licenciements plus faciles pour permettre (l’hypothétique) accès au travail de chômeurs qui sont en minorité et de surcroit sans défense.

Cette vision est trop triviale pour être reprise par les politiques et les commentateurs. On lui préfère, pour les uns, la nécessité de donner aux entreprises françaises les moyens d’être en bonne concurrence dans le contexte européen et mondial.

Pour les autres, être moderne c’est plutôt, comme disait Hannah Arrendt, prendre conscience que nous allons vers un monde de « travailleurs sans travail » où le partage de ce dernier sera la voie à prendre.

Quoiqu’il en soit en lançant ce débat en fin de quinquennat François Hollande et Manuel Valls ne feront que brouiller un peu plus les cartes sans espoir d’en tirer le moindre bénéfice pour les français.

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15 février 2016 1 15 /02 /février /2016 15:51
Du rififi chez les hommes

On a vu, ce WE, les candidats LR à la présidentielle prendre, vis-à-vis de leur parti, la position du dos tourné. Bagatelle ! Il est dit (Embrassons-nous Folleville…) que les clans ennemis vont se retrouver comme un seul homme derrière celui qui aura gagné. Rien n’est moins sûr et l’électeur avisé devra, avant de voter pour lui, évaluer les chances de son héros de tenir ses promesses car, vu le contexte, il risque de ne pas être soutenu par son parti à l’assemblée.

Pour pallier cela, certains candidats disent déjà vouloir gouverner par ordonnances. Après les lois sur les écoutes et les états d’urgence, après les discordes, on sent comme un parfum de dictature dans ce pays.

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5 février 2016 5 05 /02 /février /2016 17:20

Le projet de déchéance de nationalité pose tout naturellement la question de savoir ce qu’est, aujourd’hui, la Nation française. De la définition magistrale d’Ernest Renan (1) je retiens le fait essentiel que les Nations sont mortelles : « Les nations ne sont pas quelque chose d’éternel. Elles ont commencé, elles finiront. La confédération européenne, probablement, les remplacera » Prédiction hautement prophétique selon laquelle l’Europe et plus précisément celle de la zone euro, ont signé l’acte de décès de la Nation française telle, au moins, qu’elle était vue et enseignée (à tort ?) depuis Jules Ferry.

Entre temps, la France, celle issue de paysans imprégnés de culture Judéo-Chrétienne, est désormais multiculturelle et multi religieuse. Monnaie commune (2), frontières ouvertes, attachée aux décisions de Bruxelles, l’idée de Nation se réfugie dans la volonté de tout un chacun du « vivre ensemble ». La difficulté relève de la contradiction qu’il y a d’affirmer cette conviction tout en soutenant l’impérieuse nécessité de mettre en place un Etat de plus en plus policier.

Dans son discours d’entrée à l’Académie Française Alain Finkielkraut dit ceci : « J’ai découvert que j’aimais la France le jour où j’ai pris conscience qu’elle aussi était mortelle, et que son « après » n’avait rien d’attrayant »

Et si « après » c’était maintenant ?

1)Conférence à la Sorbonne 1882

2)Philippe Seguin en 1991 : « Il doit être compris qu’avec une monnaie unique gérée par des gnomes irresponsables, avec l’exigence de la convergence des économies, nous n’aurons plus de marge pour une politique budgétaire et une politique monétaire nationale »

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23 décembre 2015 3 23 /12 /décembre /2015 14:18

Dans l’imagerie populaire le terme de démocratie est souvent associé à l’idée du « peuple souverain ». Mais la démocratie n’est pas que cela, c’est aussi une dimension culturelle, une forme de société ayant pour valeurs essentielles liberté et égalité.

De ce fait, et pour quelques raisons que ce soit, tout bouleversement des principes de libertés et d’égalités entraine, ipso-facto, une altération de la démocratie. Ainsi en est-il de la loi sur le renseignement et de l’état d’urgence qui font basculer de la justice à l’administratif le droit de suspicion et de contrainte.

A noter, au passage, la fragilité du système démocratique français puisque quelques dizaines d’assassins suicidaires auront suffi à semer une psychose de peur allant jusqu’à justifier la modification de la constitution.

En 1940, l’Allemagne déverse des milliers de tonnes de bombes sur les grandes villes anglaises. L’objectif est de paralyser le pays en anéantissant l'industrie et les centres administratifs et militaires. Mais il est également psychologique. Londres est devenue un objectif prioritaire, mais malgré les 55 000 tonnes larguées entre juin 1940 et 1941, malgré les 40 000 morts causées en neuf mois par ces attaques massives, la population tient bon signant ainsi l’échec de la stratégie allemande.

Faut-il en déduire une différence abyssale entre les Anglais d’alors et les Français d’aujourd’hui ? Pas forcément, l’attitude du pouvoir compte aussi pour beaucoup. Ô tempora, Ô mores !

D’autre part, et pour faire simple, dans la hiérarchie des différentes formes de démocraties dignes de ce nom, le régime présidentiel français se situe au dernier rang, loin derrière les démocraties dites directes. En effet c‘est le seul état européen dans lequel des gens qui votent, même en grand nombre, pour un parti n’ont pas droit à être représentés au parlement.

Voilà pourquoi le mot « démocrature » revient de plus en plus souvent pour désigner le régime Présidentiel Français.

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21 décembre 2015 1 21 /12 /décembre /2015 10:32

Hitler était-il fou ? Quoiqu’il en soit, il souffrait d’obsessions qui touchaient au délire paranoïaque :

  • Passion exacerbée pour la nation et la « race » allemande.

  • Haine sauvage des Juifs.

De ce temps-là, je me méfie de tous ceux qui prônent un amour immodéré de la patrie et qui stigmatisent pour quelques raisons que ce soit des groupes, des communautés ou des phratries.

Quelles que soient, bonnes ou mauvaises, les raisons qui s’opposent à telle ou telle entité, on en revient toujours à condamner les individus qui les constituent, sans distinction de leur innocence ou de leur culpabilité.

C’est ainsi qu’aux simples dires que tous les Juifs étaient coupables des malheurs du monde, allemands et français ont envoyé à la déportation, hommes femmes et enfants, seulement fautifs d’être nés Juifs…Faut-il de la même manière condamner en bloc tous les musulmans au prétexte d’un Islam barbare ?

Puisqu’il est impossible, oui impossible, de dénoncer un Parti sans incriminer ses électeurs, est-il juste, comme y incitent Manuel Valls, Christian Estrosi et les autres, d’exécrer les millions de français qui votent Front National ?

Si le FN est un Parti hostile à la République il ne suffit pas de dire comme Manuel Valls : « Le FN n’est pas de la République » Il faut expliquer pourquoi. Si le FN est un Parti risqué il ne suffit pas de clamer comme Christian Estrosi « Sectaire et nauséabond » Il faut expliquer en quoi il est sectaire et nauséabond, de façon à éclairer l’électeur plutôt que de le vilipender. A cet égard la bande dessinée de Durpaire/Boudjellal est bien plus didactique que les diatribes du Premier ministre.

Les français conscients du manque d’honnêteté intellectuelle de la classe politique, mais ils ne sont pas sûrs que le chômage baisserait dans un monde de vertu.

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