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10 novembre 2016 4 10 /11 /novembre /2016 13:26

 

« Il y a trois sortes d’élites. Les unes règnent par l’élection du peuple, les autres par la force des armes, les dernières par succession de race. Si elles arrivent au trône par des moyens divers, leur manière de régner est toujours à peu près la même. Celles qui sont élus par le peuple le traitent comme un taureau à dompter, les conquérantes comme leur proie, les successeurs comme un troupeau d'esclaves qui leur appartient par nature » Extrait fidèle du « Discours de la servitude volontaire » de La Boétie, à ceci près que j’ai remplacé le mot tyran par élite.

L’élection surprise de Donald Trump donne à ce texte une étonnante modernité. Ceux qui glosent sur la personnalité de Trump, passent à côté du problème lequel n’est dans l’effet mais dans la cause de ce coup de théâtre. Parmi les élites qui traitent le peuple comme un taureau à dompter j’ai compté, hier, Alain Juppé « Non au clivage, non à la démagogie qui dresse les Français les uns contre les autres, les élites contre le peuple. Cela ne mène à rien, sinon à des blocages plus dangereux encore »

Dans cette phrase il faut retenir que, dans l’esprit d’Alain Juppé, la démagogie « dresse les élites contre le Peuple ». A mon sens il fait là une lourde erreur : aussi bien dans le cas Trump comme l’éventuel FN ce ne sont pas les élites qui se dressent contre le peuple mais bel et bien le peuple qui se dresse contre les élites. Donald Trump et Marine le Pen ont parfaitement compris qu’il y avait, partout en occident, une colère montante qui n’était pas sans raisons et qui sert de support à la démagogie.

L’erreur des élites n’est pas tant dans la surestimation de leur intelligence que dans la sous-estimation de l’entendement populaire. On voit bien aux Etats-Unis comme en France que l’évolution du PIB, la baisse du prix du pétrole et des agios, ne profite pas aux classes moyennes et ouvrières, on voit bien que dans cette Europe du Luxembourg et de la Golden-Sachs il y a quelque chose qui manque ou qui ne va pas, on voit bien que le taureau a peur et devient méchant. En disant qu’il veut apaiser Alain Juppé ne trompe que ceux qui n’ont pas lu son programme : en fait il veut dompter le taureau.

 

 

 

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8 novembre 2016 2 08 /11 /novembre /2016 16:54

 

Alain Juppé se dit de droite et son programme confirme cette position : réduction des charges sur le capital, plus de taxes à la consommation, plus de durée de travail, moins de temps de retraite… Les classes moyennes et ouvrières vont encore en prendre un coup.

A l’époque de Nicolas Sarkozy, le Centre aurait pris ses distances ; quitte à aller carrément à gauche comme cela s’est déjà vu.  Or voici qu’aujourd’hui (François Bayrou en tête) le Centre se porte sans vergogne au côté d’Alain Juppé.

Dans la phase électorale des intérêts se rejoignent. Alain Juppé a besoin des centristes pour assurer son élection et les centristes ont besoin d’investitures aux législatives. La Primaire passée, il en sera d’une autre paire de manches lorsque les candidats centristes devront expliquer à leurs électeurs en quoi ils tireront avantage de la réduction des charges sur le grand capital, de l’augmentation de la TVA, du passage à 39 heures et de la retraite à 65 ans.

Fort heureusement la deuxième phase, celle de la confrontation avec la vérité, n’implique pas que les promesses soient tenues et que les alliances se respectent. Parfois, souvent, les circonstances contreviennent aux idées patiemment élaborées lors des candidatures, brillamment consignées dans des livres et largement expliquées à la télé. Bien d’autres avant Nicolas Sarkozy et François Hollande ont fait, par obligation des réalités, le contraire de ce qu’ils avaient promis. Cela peut se faire brutalement ou en douce par dilution des renoncements dans la durée.

Une fois le Président élu, les Centres, s’ils sont de connivence avec lui, seront confrontés à ce dilemme et ce d’autant plus qu’en la personne d’Emmanuel Macron un concurrent qui se veut plus moderne leur disputera l’espace qu’ils avaient jalousement conservé jusqu’ici.

 

 

 

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2 novembre 2016 3 02 /11 /novembre /2016 08:11

 

Le Peuple devra attendre quelques mois pour avoir le droit de désigner ses Maitres, mais fin Décembre il y verra plus clair sur les opportunités qui s’offrent à son choix.

Fin Décembre nous connaitrons le Patron du Centre élargi à Droite, ou si l’on préfère celui de la Droite recentrée. Nous verrons si la Droite de droite fait allégeance ou scission pour créer un mouvement propre à combler le vide entre le Centre-Droit d’Alain Juppé et le FN de Marine Le Pen.

Fin Décembre nous saurons si le mouvement « En Marche » d’Emmanuel Macron est enfin arrivé.

Fin Décembre nous apprendrons le nom de celui qui aura la lourde charge de relever le flambeau du Centre-Gauche.

Alors nous pourrons commencer à juger les programmes, à apprécier leurs faisabilités, à voir si ceux qui les portent en ont les capacités intellectuelles, morales, physiques et si leurs soutiens politiques rendent plausibles les promesses qu’ils n’auront pas manqué de dispenser.

Les cafés étant passés, l’on pourra en comparer les arômes, lesquels, pour le moment, ne sont pas du meilleur cru.  

   

 

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31 octobre 2016 1 31 /10 /octobre /2016 08:12

 

Comme lui il est d’origine paysanne, comme lui il a des dons d’auteur, comme lui, il a une idée fixe :  détruire, non pas Carthage, mais Sarkozy.

Il nous a déjà fait le coup en 2012 et il nous le refait aujourd’hui. Pour moi, Il n’y a aucun doute : grâce aux centristes, Sarkozy sera à nouveau détruit.

Si cette obsession comble l’égo de notre homme, il est maintenant prouvé qu’en mettant François Hollande au pouvoir il n’a pas, selon l’opinion des français, servi l’intérêt de la France et il reste à démontrer qu’il aura plus de chance avec Alain Juppé. Car tout le problème est là : est-ce que François Bayrou candidat déchu et aigri à la Présidence de la République aura, cette fois, meilleure main ?

Une réflexion désintéressée et apaisée conduit à admettre que la Présidence de la République n’est plus pour Nicolas Sarkozy. Pour autant l’élection d’Alain Juppé et l’éviction de Nicolas Sarkozy ne va pas, d’un coup de baguette magique, déplacer la droite radicale vers un centrisme mi droite mi gauche déjà largement représenté par le PS de François Hollande et le rassemblement « En Marche » d’Emmanuel Macron. Ceci veut dire que cet électorat de droite qui ne se retrouve ni chez Juppé, ni chez Raffarin ni chez Bayrou, va peut-être continuer sa route vers le Front National.

Dès le 27 novembre les intérêts de François Bayrou et d’Alain Juppé vont diverger : pour l’un, une fois sa vindicte accomplie, l’objectif est d’avoir le plus grand nombre de députés aux législatives, ce qui implique de mettre un bémol à l’effacement de l’ISF, à la baisse des effectifs de la fonction publique, à la suppression des 35heures, la retraite à 65 ans etc. Pour l’autre il s’agit de gagner les Présidentielles et d’avoir un franc soutien du Parlement. Pour ce faire il lui faut éviter l’hémorragie à droite et trop de pertes d’électeurs du Centre vers Emmanuel Macron et le candidat Social-Démocrate quelque sera son nom.

Alain Juppé va gagner une bataille mais il n’a pas encore gagné la guerre.

 

 

 

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29 octobre 2016 6 29 /10 /octobre /2016 08:33

 

Quand je vois Jean-François Copé et François Fillon s’étriper pour avoir la présidence d’un Parti qui se servait des cotisations de ses adhérents pour payer de fausses factures destinées à couvrir un financement illégal.

Quand je vois la justice débouter François Fillon de sa plainte en diffamation suite aux accusations de manigances honteuses portées contre lui.

Quand je vois le Centriste François Bayrou inciter à voter François Hollande plutôt que Nicolas Sarkozy.

Quand je vois Alain Juppé faire ami avec François Bayrou pour avoir son soutien.

Quand je vais voir tous ces « Folleville » s’embrasser et faire cause commune pour (parait-il) redresser le pays ; je me demande ce qu’ils entendent par « Valeurs républicaines de la Droite et du Centre » auxquelles ils veulent me faire adhérer avant de voter.

A tout prendre je préfère de loin les pitreries de Frédéric Mitterrand, lesquelles me font hurler de rire lorsqu’il prétend « rentrer à la maison » en soutenant François Hollande au nom de la gloire passée de son oncle.

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27 octobre 2016 4 27 /10 /octobre /2016 08:19

 

Je ne suis pas un partisan de François Bayrou. J’ai beaucoup aimé son livre « Henri IV » et il est, peut-être, un maitre à penser qui eut été digne de siéger dans l’aréopage de la colline d’Arès.

 Il n’empêche que c’est un loser de la candidature à la Présidence de la République. Trois fois candidat, trois fois recalé, le voici maintenant réduit au rôle d’affidé à Alain Juppé. Son parcours politique et ministériel est marqué tout à la fois par des propositions intelligentes et des positions qui n’ont cessé d’aller et venir.  Ministre de l’Education nationale il fut celui des réformes « à la hussarde » avant de laisser les clés aux syndicats. Ses positions politiques vont du soutien à Edouard Balladur au vote pour François Hollande.

 « Obsession anti-Bayrou, qui commence à bien faire » dit Alain Juppé. On peut comprendre que le futur Président soit énervé par les critiques faites à son ami par ses adversaires ; mais soyons réalistes : si François Bayrou est, sans conteste, l’homme le plus charismatique du centre, son obsession de faire perdre Nicolas Sarkozy reste intacte et son engouement pour Alain Juppé tient essentiellement à cela.

Il n’empêche qu’une fois élu aux Primaires, Alain Juppé aura besoin du soutien de la droite humiliée pour accéder à la Présidence. François Bayrou sera un sérieux obstacle. Un glissement des voix du Centre vers Emmanuel Macron n’est pas à exclure. Entre les Sarkozystes et les Bayrou Alain Juppé devra alors choisir.

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25 octobre 2016 2 25 /10 /octobre /2016 17:38

 

Je parle de ce PS de droite, celui de Hollande, de Valls et de Macron.  Celui qui se veut moderne : celui de la social-démocratie, fort soucieuse du CAC 40, affiliée à l’Europe des marchés, fidèle de l’Amérique.

Je voudrais bien qu’on m’explique les différences qui opposent la Social-Démocratie (ou social-libéralisme) de François Hollande au Centrisme d’Alain Juppé et de François Bayrou, lequel n’a pas hésité à faire voter PS en 2012.

Bien sûr, pour se faire élire, il y a les postures :  Celle toute à gauche de François Hollande au Bourget, celle qui se dit de droite d’Alain Juppé, mais sur le fond et dans l’exercice du pouvoir c’est, à quelques nuances près, du pareil au même, au moins sur les grandes causes.

Possible, par ailleurs, que ce soit cela qui plaise aux français, lesquels, dans une large majorité, ne vivent pas trop mal dans ce Pays.

En réalité, on voit bien que les politiques perdent, un peu plus chaque jour, de leurs pouvoirs au profit des marchés, des grands groupes et de la finance. En Europe, la seule BCE par sa politique de quantitative-aesing a plus d’influence que tous les Chefs d’Etat réunis. Déjà, l’excellence procédurière des Etats-Unis, par le jeu des amendes infligées à nos Banques, nous fait participer par milliards aux impôts des américains. Demain, les multi nationales pourront faire des procès aux Etats.

Cette déliquescence du pouvoir politique induit un affaiblissement de la démocratie qui conduit à ne consulter le peuple qu’une fois tous les cinq ans, à ne tenir aucun compte des très rares referendum et à passer outre l’Assemblée quand celle-là cesse de jouer les godillots.

Les choses étant ce qu’elles sont, Alain Juppé serait probablement le meilleur Président que le PS nouveau, celui du social-libéralisme, puisse choisir.

 

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19 octobre 2016 3 19 /10 /octobre /2016 14:31

C’est le moment ou jamais…

« L'homme a été taillé dans un bois si tordu qu'il est douteux que l'on puisse jamais en tirer quelque chose de tout à fait droit. » De la même manière et pour la même raison, l’Etat du même nom à tendance à partir de travers et l’on voit bien, tant il y a de signes, qu’il est bien difficile de le maintenir droit.

Je suis de ceux qui seraient assez facilement convaincu que l’aéroport de NDDL a été conçu trop grand, trop cher et contre la nature. Mais la question n’est pas là. Lorsqu’après des années de palabres, le gouvernement, les élus et le peuple se déclarent pour, lorsque, après que tous les recours légaux aient été épuisés, l’on refuse malgré cela d’exécuter la volonté légale : il n’y a plus d’Etat de Droit.

Cette fois, c’est le Président Hollande qui, par la voix de Ségolène Royal, veut surseoir à l’exécution. Fort guerrier lorsque, de son propre aveu, il s’agit d’exécutions sommaires ou de lancer de bombes en Irak, le Chef de l’Etat mouille son marcel à l’idée d’un possible nouveau Sivens.

Hier, à l’Assemblée, Manuel Valls a pris une position nette : en aucune façon et pour aucune raison nul ne peut, dans cette République, contrevenir à l’Etat de droit.

Si le Premier ministre ne saisit pas l’occasion d’une divergence aussi fondamentale pour quitter le gouvernement et poser sa candidature, il enlève toute chance au PS de sauver, au moins les meubles législatifs, afin d’éviter un naufrage absolu qui portera préjudice à la démocratie en laissant le champ libre à la droite et aux extrêmes.

Manuel Valls aurait-il le cran de saisir cette fenêtre de tir ? Après il sera trop tard : tenu par son serment de fidélité, mainte fois répété, la candidature de François Hollande, bientôt venue, le ferait passer pour un apostat.

Je ne suis, pas plus du PS qu’un séide de Manuel Vals. Mais j’estime que ce parti à un rôle essentiel à tenir : il en va de la démocratie. Puisque Emmanuel Macron refuse le PS, je ne vois que Manuel Valls pour relever le flambeau.   C’est le moment ou jamais !

 

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17 octobre 2016 1 17 /10 /octobre /2016 08:24

Alain Juppé joue sur du velours…

Jeudi dernier, La politique spectacle nous a permis d’assister à un colloque d’ingénieurs de la politique, sorte de symposium où chacun a donné son idée sur le réglage qui convient au bon vieux moteur français.

Comme à son habitude Alain Juppé ressort premier de la classe et les sondages, les experts et les médias le désignent déjà comme futur Président de la République.

Alain Juppé fut un Premier ministre hautain qui n’a pas laissé, hors un fort chômage, un très bon souvenir. Avec le temps, le voici Maire reconnu et sa campagne présidentielle est, jusqu’ici, sans défaut. C’est là son premier atout.

Son second avantage tient au bénéfice qu’il tire des erreurs (des fautes ?) de son premier concurrent. Ce dernier traqué par la justice et les médias ne pourra pas se relever de la campagne qui est menée contre lui. Il reste à prouver que dans d’autres tempêtes « le meilleur d’entre-eux » fera mieux.

Le troisième point fort relève de la faiblesse du Parti Socialiste. Pendant qu’Alain Juppé s’enracine, la gauche tergiverse, bloquée par un Président qui aura trainé sa finitude tout au long de son mandat et que son obsession de confesses publiques finit d’achever. L’infidèle Macron, risque fort, dans sa complaisance à se faire espérer, d’arriver comme les carabiniers tandis que le fidèle Valls reste paralysé par son serment de loyauté. Si les choses restent en l’état il y a fort à parier qu’une partie de la gauche votera aussi pour Juppé.

Enfin son dernier et (peut-être) son plus fort atout se tient à Berlin, Bruxelles et Francfort. Dans cette Europe fortement germanisée (Merkel, Junker, Schulz) très orientée vers Washington que serait notre économie sans la manne (largement dispensée par Francfort) des liquidités qui irriguent nos banques ? Que serait la France si sa dette n’était pas cautionnée par l’Euro ? Mais si la France a besoin de l’Europe, l’Europe a besoin de la France et de son marché.  Alors, Berlin voit d’un assez bon œil celui qui sera assez réformateur pour sécuriser l’Euromark et assez centriste pour regarder l’UE avec les yeux de Chimène. Le tropisme centriste d’Alain Juppé fait passer un message subliminal de soumission à l’UE qui plait à Bruxelles et rassure Francfort.

Fort du soutien de Bruxelles et Berlin, Alain Juppé profite de la carence du PS et joue sur du velours. Faute de combattants, la démocratie pâtie de la liberté de voter à gauche, mais, en fait de liberté, que peut-on espérer d’un Etat qui n’a plus la maitrise de sa monnaie ?

 

 

 

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12 octobre 2016 3 12 /10 /octobre /2016 10:13

Puisque l’élite de droite ne donne le choix qu’entre une délinquance passée et celle avenir « En matière judiciaire mieux vaut avoir un passé qu’un avenir » *

Puisque, selon Juppé, les statistiques sur le regroupement familial enlèvent toutes chances aux jeunes d’être assez nombreux pour brûler trop de forces de police.

Puisque l’état propose aux drogués de bonnes conditions d’injection de produits par ailleurs interdits.

Puisque dans un monde du travail qui ne cesse de rétrécir la droite veut faire travailler les gens plus longtemps.

Puisque la droite veut supprimer l’impôt sur la fortune et augmenter la TVA.

Puisque, en Syrie, la France préfère prendre le risque de Daech plutôt que celui de Bachar el-Assad.

Puisque les élites politiques, tout en prêchant le civisme aux jeunes, leur donne l’exemple de la haine et de l’hypocrisie.

Puisque François Bayrou va faire voter Juppé après avoir fait élire Hollande ; devant tant d’incohérences où l’esprit de Descartes se perd, nombre de gens se demandent si, tout compte fait, mieux vaudrait essayer le Front National.

*Alain Juppé

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