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4 mars 2015 3 04 /03 /mars /2015 08:26

Le Chef de l’Etat tire sa légitimité de la Constitution de 1958, laquelle fût conçue pour permettre au Président de gouverner sans tenir compte des élections faites au cours de son mandat. Le seul critère démocratique auquel il doit, en fin de quinquennat, se plier est de céder la place ou de s’en remettre à un nouveau verdict populaire.

Jusqu’à présent le Président Hollande a tenu bon, sans se laisser influencer par les résultats électoraux successifs, qui (en confirmation des sondages) ont, tous, été dans le sens d’une contestation, plus ou moins appuyée, de sa politique. Le Chef de l’Etat est donc parfaitement libre de continuer son action comme il l’entend et de ne pas prendre en compte les résultats des élections départementales et régionales qui auront lieu cette année.

Mais si, comme je le pense, François Hollande veut se représenter en 2017, le résultat des élections de fin 2015 devrait l’inciter à réfléchir sur une inflexion appropriée de sa politique, car plus le temps passe, plus l’échéance démocratique approche et moins il pourra compter sur la protection de la constitution et l’arme du 49.3.

En tant que Chef du Gouvernement, le Premier Ministre est aussi comptable des succès ou des échecs électoraux du PS. Insoucieux, jusqu’à présent, des mauvais résultats il est cependant fort possible que François Hollande lui demande des comptes en cas de nouvel échec en 2015.

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3 mars 2015 2 03 /03 /mars /2015 11:03

Front National, Syriza, Podemos…ont pour point commun d’être anti européens même lorsqu’ils s’en défendent comme c’est le cas pour Syriza.

Tous ne sont pas, au moins dans le principe, anti européens, mais, ils sont tous contre cette Europe de Bruxelles qu’ils accusent de donner la partie belle à la finance au détriment du social.

Il est vrai que voir le chômage à 9.2*, au moment de la crise grecque, bondir à 22 dans les jours qui ont suivi les dictats de la Troïka ** oblige à reconnaitre que l’Europe s’est peu, très peu, souciée de l’impact que ces mesures allaient avoir sur les plus démunis.

Cette inaptitude à prendre en compte l’aspect social des problèmes, se traduit par un chômage excessif *** dans la zone euro.

Mais voilà que Bruxelles patauge aussi dans la mise en œuvre d’économies orthodoxes. Jens Weidmann, patron de la Bundesbank, pur et dur partisan d’une économie rigoureuse, seule capable à ses yeux de résoudre aussi les problèmes sociaux, n’y va pas par quatre chemins : «Les règles ne sont presque plus intelligibles, et leur application s'assimile aux pratiques du souk politique».

Bruxelles, nuls de chez les nuls ? Voilà qui apporte pas mal d’eau au moulin des « Frondeurs », du Front de Gauche et…du Front National….

* Données Eurostat.

** Commission Européenne, Banque Centrale Européenne, Fond monétaire international

*** 11.2 dans la zone euro contre 9.8 dans l’ensemble de l’UE et 8.2 dans le monde.

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2 mars 2015 1 02 /03 /mars /2015 08:44

Depuis 2010, date à laquelle le défaut Grec a semé la panique dans la zone euro, la communauté internationale n’a cessé de voler à son secours. Mais de nombreuses réformes, demandées en échange, sont restées en suspens.

Au prix d'un effort considérable mais mal ciblé,* Alexis Tsipras hérite d’un budget en excédent. Mais cette contention s’est faite au détriment des plus vulnérables (chômage à 26%) sans véritablement pallier les défauts structurels.

Cinq ans plus tard, la Grèce n'est pas en mesure de se priver des aides de l'UE et du FMI et ce n’est pas demain la veille que l’Europe cessera de cracher au bassinet. Seules de vraies réformes auraient pu remettre la Grèce sur le droit chemin.

Ce qui n’a pas été fait hier le sera-t-il demain ? Personnellement je n’y crois pas puisque Alexis Tsipras réclame pour son peuple le droit au bonheur avec l’argent des autres. **

Alors, puisqu’il rejette la faute sur les européens (notamment Allemagne, Espagne et Portugal), pourquoi réformer une administration ou le népotisme, la démotivation et l’incompétence ont force de loi ?

Pourquoi reformer une fiscalité branlante (Il n’existe même pas de cadastre digne de ce nom) où la fraude reste un sport national ?

Pourquoi reformer le marché du travail, le régime des retraites, l’éducation nationale, le système de santé, puisque, à fonds perdus, l’Europe pallie cela ?

Ne nous faisons pas d’illusions, les pays de la zone euro et notamment l’Allemagne et la France, sont condamnés à payer les impôts non acquittés par bon nombre de grecs. Cela dure depuis cinq ans et durera jusqu’aux calendes…Grecques !

Néanmoins, la crise grecque montre les imperfections de la construction européenne, sorte d’escadre, aux navires dissemblables et sans Amiral. Mais en jetant l’opprobre sur elle, en l’accusant à tort de défauts propres à son pays, Alexis Tsipras, en plus de mordre la main qui le nourrit, accrédite la thèse nationaliste et antieuropéenne du Front National.

*La troïka n’est pas exempte de responsabilités.

** Dans l’espoir que cette idée vraiment épatante soit reprise en France, en Italie, en Espagne et au Portugal.

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28 février 2015 6 28 /02 /février /2015 08:36

Quand Bruxelles finance la gabegie Grecque, qui lui a déjà couté beaucoup, mais tient Paris, qui ne lui doit rien, sous la menace constante de sanctions, l’Homme de la rue se demande pourquoi la Commission fait deux poids deux mesures.

Quand, sur la simple injonction de Pierre Moscovici, Michel Sapin dit qu’il trouvera sans problème des milliards d’économies supplémentaires, l’Homme de la rue se fait du souci pour ses impôts.

Quand l’impôt sur le bénéfice des sociétés est de 33% en France et de 1.85 au Luxembourg, l’Homme de la rue se demande de quel côté de la barrière se situe Jean-Claude Junker patron de la Commission…

Alors l’Homme de la rue, même celui qui est, par principe pro européen, se demande s’il ne va pas voter pour le FN.

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27 février 2015 5 27 /02 /février /2015 12:39

Déjà, Aristote, dénonçait une forme de démocratie (sorte de pouvoir populaire issu de la démagogie) donnée comme « corruptrice de la République ».

Après les errements successifs de la « Quatrième », c’est pour pallier ce risque et assurer une stabilité de bon aloi que fut créée, sous l’égide de De Gaulle, la « Cinquième».

François Mitterrand a été l’un des premiers à déceler dans cette Constitution les germes d’une possible forme de dictature*

Sans aller jusque-là, nombre de fines fleurs, experts politiques et économiques, ** sentent la nécessite que la « Cinquième » s’assume pleinement dans le rôle pour lequel elle a été conçue et redevienne sans faiblesse une «République de Régime Présidentiel».

Cette vision va maintenant au-delà du cercle des élites et prend racine dans l’opinion :

1) Soumis pendant des siècles à des régimes dirigistes les français prennent la république comme fille, certes dévergondée, mais héritière de la monarchie et de l’empire. Ils n’ont pas, par exemple, comme les Suisses, la fibre démocratique chevillée au corps.

2) La monnaie unique, le besoin de rester pays leader européen, pousse la France à engager des réformes qui sont contraires à sa nature et que, de ce fait, le Parlement rechigne à voter.

A cela il convient d’ajouter un phénomène d’auto défense : plus le gouvernement s’affirme dans l’autorité, plus les parlementaires s’enfoncent dans une résistance qui contrevient aux pressions exercées par Bruxelles.

Bref, nécessités économiques, opinion publique, autorité du Premier Ministre, tout se conjugue pour une orientation vers la version la plus ferme possible de la Constitution.

Le Président Hollande est, lui-même, par sa nature, *** tout à fait enclin à assumer pleinement son rôle de Chef de « Régime Présidentiel ».

La difficulté réside dans le fait que le quinquennat a abîmé la conception septennale première. D’où un temps trop court qui conduira François Hollande à devoir se représenter en 2017.

Or, et c’est là que le bât blesse, il aura besoin de toutes les forces de gauche, y compris les écologistes, pour être réélu.

Manuel Valls va devoir naviguer entre fermeté et nécessité de ménager cette gauche vitale pour la réélection de François Hollande… Sans y laisser trop de plumes ? …

* François Mitterrand : « le Coup d’Etat Permanent »

** Hier Mathilde Lemoine dans « C dans l’air »

*** « Les Tueurs de la République » Vincent Nouzille

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26 février 2015 4 26 /02 /février /2015 12:22

D’années en années, de scrogneugneu en scrogneugneu, Bruxelles n’en finit pas de reporter le moment où la France serait tenue de respecter les fameux 3% de déficit budgétaire… Aux dernières nouvelles, l’ultime délai est fixé à 2017. (Rires)

Alors que les pires turpitudes helléniques ne parviennent pas à dégouter l’Europe de la Grèce, on imagine bien que la France, dût-elle avoir un déficit de 7%, n’en resterait pas moins dans la zone euro.

Dès lors, pourquoi nos gouvernements successifs s’acharnent-ils à essayer de contraindre une société cigale en fourmi ? J’y vois trois raisons :

La première est d’ordre psychologique : Plutôt que de s’en tenir à ce qu’elle doit d’avoir toujours bien vécu jusqu’ici, à savoir dévaluations et dettes, la nature hédonique française voudrait de surcroit accéder aux performances rigoristes des Pays du Nord. C’est, un peu, comme si un athlète qui boit et fume, voulait aussi les réussites de ceux qui mènent une vie d’ascètes.

La seconde est d’ordre moral : Ainsi que le dit aussi Jean Tirole (prix Nobel d’économie) vivre grassement sur le dos d’une dette que l’on fera assumer par nos enfants pose un problème d’ordre moral.

Le troisième relève du trivial : Quand la dette atteint ou dépasse 100% du PIB et que la créance est tenue à 80% par des préteurs étrangers (contrairement à l’Italie ou au Japon par ex) un pays, qui de surcroit ne dispose pas de sa propre monnaie, voit sa liberté en danger.

Les efforts contre nature que font le Président et son Premier Ministre pour essayer de rentrer dans les clous ne sont donc pas sans fondements, mais il y a un point sur lequel Jérôme Guedj et ses affidés ont raison : sauf à le voir regimber, on ne met pas quelqu’un au régime après lui avoir promis que son frigo serait plein. Non ! Monsieur Valls, quand elle est fondée sur le mensonge, l’autorité n’est pas une valeur.

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25 février 2015 3 25 /02 /février /2015 12:32

«Tout député socialiste qui votera contre un texte important du gouvernement subira des sanctions. C'est au PS de les édicter. Les élus indisciplinés s'exposeront désormais à des "conséquences importantes" et ont intérêt à y réfléchir à deux fois » assène la veille Manuel Valls…

«Ceux qui s'attendaient à ce que des sanctions soient prises ne connaissent pas le Parti socialiste » répond, le lendemain, Patrick Mennucci.

Soutenu sur le 49.3, mais pour le coup (sous couvert de Cambadélis) lâché par François Hollande, Manuel Valls restera donc un général, courageux et pugnace, seulement capable de combattre pour des réformes qui n’en sont pas.

Pour accomplir la tâche qu’il a en tête, François Hollande a besoin de deux mandats. Sa réélection repose sur trois critères essentiels :

1) Rassembler, le moment venu, le maximum de forces de gauches pour soutenir son élection : C’est le rôle de Jean-Christophe Cambadèlis qui doit, bien entendu, de ce fait éviter d’exclure qui que ce soit d’utile.

2) Démontrer à ses électeurs qu’il a eu le courage de mettre la France sur le rail des réformes : C’est la tâche qui incombe à Manuel Valls.

3) A défaut de réelle efficacité des réformes, se sortir de l’échec du chômage grâce à l’appui d’une conjoncture extérieure qui s’annonce favorable.

Jean-Christophe Cambadélis, piloté par François Hollande, va donc, désormais, jouer le rôle d’ajusteur de violons entre le Premier Ministre et le PS. Manuel Valls aura le choix entre y mettre un bémol ou quitter l’orchestre.

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24 février 2015 2 24 /02 /février /2015 12:39

Donné « Superman » par un tabloïd américain suite à son combat avec un miroir New-Yorkais, Arnaud Montebourg se défend de l’être : « Je ne suis pas Superman, je n'ai pas été capable de changer le cours de l'austérité en Europe »

Se disant soustrait de la Politique en France, le voici qui court en faire au New-Jersey : « Si nous continuons avec cette politique suicidaire, et je lance un appel solennel au président de la République et au Premier ministre, nous finirons le quinquennat avec 800 000 chômeurs de plus. Donc, c'est le Front national au bout du chemin. »*

Faute d’apporter des solutions concrètes et plausibles, voilà le capitan à nouveau glosé par l’élite auditrice : "C'était une conférence vide, il n'a pas proposé une seule solution, j'aurais pu faire la même présentation » commente un jeune chercheur français.

Fallait-il aller à Princeton pour s’apercevoir que ni Arnaud Montebourg, ni Benoit Hamon, ni Jean-Luc Mélenchon n’ont de solutions crédibles pour pallier nos difficultés ? Doit-on, pour autant, croire que celles de François Hollande sont les bonnes ?

Doit-on croire que la politique menée par l’Europe et en particulier dans la zone euro est adéquate ? Doit-on croire que la France peut, avec plus de 60% de prélèvements sur son PIB** (auxquelles vont s’ajouter un surcroit d’impôts locaux) faire baisser le chômage ?

Arnaud Montebourg, tout incapable soit-il de donner des solutions, n’en a peut-être pas moins le mérite de ne pas afficher un contentement béat pour ce qui parait inéluctable : Le déséquilibre entre charges et forces vives induit, mécaniquement, un chômage excessif lequel aura, forcément, un impact sur l’orientation des votes en 2017.

Arnaud Montebourg Superman impuissant… mais pas complice.

* Arnaud Montebourg à l’Université de Princeton (02/2015)

** Prélèvements plus déficit budgétaire.

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23 février 2015 1 23 /02 /février /2015 08:32

Grand Diseux, petit Faiseux, dit le proverbe. Grand Diseux, Manuel Valls l’est !...Petit Faiseux ? La réponse se fait attendre.

Pourtant Manuel Valls vient, en quelques heures, de s’affirmer comme Chef : Il a d’un seul coup de 49.3 occis ses détracteurs de gauche et ridiculisé ceux de l’opposition, lesquels, par une ahurissante action de force, ont réussi l’exploit de démontrer qu’ils étaient faibles, divisés et minoritaires.

Ce mini coup de 18 brumaire a un impact inévitable sur l’utilité du suffrage universel qui voit sa prééminence déjà flageolante encore affaiblie : A quoi bon élire un député s’il est empêché de voter les lois ?

"Personne n'entravera cette action réformatrice" a dit Manuel Valls qui met ainsi le Parlement en obligation de voter les lois du gouvernement ou de plier devant le 49.3…. L’Etat à poigne, tout comme un autre, se justifie si, et seulement si, ce régime apporte « Le plus grand bonheur pour le plus grand nombre ».* Est-ce possible ?

Ceux qui en doutent arguent du fait que, depuis 2 ans d’après crise et 3ans de gouvernance socialiste, un déséquilibre profond entre la puissance de l’Etat et la faiblesse de la Société Civile induit un taux de prélèvements record (57%du Pib) auquel s’ajoute un déficit important. Ils disent que les impôts excessifs, plus le déficit, réduisent le pouvoir d’achat, plombent la croissance et pèsent sur le chômage.

D’autres mettent en avant que la principale qualité d’un Chef est d’avoir de la chance : l’Alignement des planètes vient à point pour secourir Napoléon Valls…A quand Austerlitz ?

*Jérémy Bentham dont le corps momifié est conservé dans la bibliothèque universitaire de l’University College de Londres.

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20 février 2015 5 20 /02 /février /2015 09:18

La France, qui a vu pire, affronte une difficulté économique à laquelle s’ajoute une crise sociale et morale que les pluralités ethniques, culturelles et religieuses de la République rendent encore plus difficile à traiter.

Cela entraine, tout naturellement, une crise politique, pour le moment jugulée, grâce à la Constitution de la Cinquième République conçue pour faire prévaloir, en dernier recours, les volontés décisionnelles du Gouvernement.

L’utilisation de ce droit présente néanmoins l’inconvénient de ne laisser au citoyen que la faculté de glisser une enveloppe dans une fente tous les cinq ans. De ce fait, la fameuse devise inscrite au fronton de la République « Gouvernement du Peuple, par le Peuple, pour le Peuple » n’est, dans les faits, qu’un vulgaire slogan.

La conjugaison de ces facteurs induit la montée d’une pression populaire où le FN joue (jusqu’à quand ?) le rôle de clapet. D’où la nécessité de se poser des questions avant de trop taper sur ce parti ou de l’interdire.

Le Gouvernement fait passer pour des réformes une singulière multiplication de mesures complexes et contradictoires qui ont pour objet essentiel de permettre à Bruxelles de trouver prétexte à valider les déficits français.

En pratique, depuis bientôt trois ans que le gouvernement socialiste (?) tient les rênes, ces mesures en restent aux promesses de meilleurs lendemains. Il reste à espérer que la baisse de l’euro, la baisse du pétrole, les soixante milliards d’euros mensuels de liquidités mis sur le marché de la zone euro par la BCE vont avoir un effet mécanique bénéfique sur le chômage.

S’il en est ainsi, et seulement si, Manuel Valls peut espérer tenir le poste de Premier Ministre jusqu’en 2017.

Mieux vaut, par prudence, attacher les ceintures.

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