Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
22 mai 2017 1 22 /05 /mai /2017 13:18

 

 

Je lis, sur un journal, la profession de foi du Premier ministre…c’est d’une banalité à faire pleurer les poules ! Le coup de « Il » (le Président) décide, je (Premier ministre) consulte les ministres, je tranche, ils (les ministres) exécutent : vieille ritournelle chaque fois rabâchée. Après tout pourquoi pas ? Sauf que ce n’est pas conforme à l’article vingt de la Constitution : « Le Gouvernement détermine et conduit la politique de la Nation » Or, le Gouvernement (y compris ce dernier) ne « détermine » rien du tout : il exécute les ordres du Chef de l’Etat et je m’étonne que le Conseil Constitutionnel ne trouve pas là l’occasion d’une mise au point…Passons : On a compris que la Constitution française, pas plus que les Traités européens, ne sont pas faits pour être respectés mais seulement interprétés selon l’humeur du moment.

 

Les choses étant ce qu’elles sont, le profil de notre Premier ministre est assez conforme au poste qu’il doit tenir : Enarque, compètent, bien sûr intelligent, grand, sportif, dans la force de l’âge et au caractère suffisamment souple pour accepter qu’après une vingtaine d’années de consultations, d’expertises, de jugements, de médiations, de referendum, bref de palinodies diverses et variées pour gagner du temps et éviter toute décision, au caractère suffisamment souple , disais-je, pour que l’on continue dans cette voie en nommant un médiateur dont on ne voit pas bien ce qu’il pourra médiater en dehors de la facture qui va s’ajouter à ce que les contribuables ont déjà payé pour rien. Ayant montré dès son entrée ses capacités à la flexibilité nous voici rassurés sur les capacités du Chef du gouvernement y compris celle à courber l’échine.

 

Je parle ici d’une qualité tout à fait nécessaire pour travailler avec un Président assez de droite pour plaire à l’Allemagne et susciter le ralliement des Républicains et assez de gauche pour augmenter les impôts.

Repost 0
21 mai 2017 7 21 /05 /mai /2017 08:13

 

 

En fait, nous ne savons pas (du moins je ne sais pas) quel a été l’impact de l’action d’Emmanuel Macron sur la politique de François Hollande lorsqu’il fut son conseiller puis ministre. Jusqu’ici, je ne peux donc le juger que sur sa capacité à séduire les foules sans préjudice de le voir à l’œuvre lorsque le moment sera venu.

 

Cependant je décèle dans la mise en scène de son intronisation deux symboles forts :

Le premier, signe le très moyen intérêt qu’il porte à l’écologie en choisissant pour descendre les Champs Elysées une grosse Citroën conventionnelle plutôt qu’un véhicule électrique ou hybride aptes à réduire les effets nocifs pour la santé dans les grandes villes.

Le second, en faisant passer l’Hymne à la Joie avant la Marseillaise, révèle un tropisme européen flagrant : Beethoven devant Rouget de l’Isle ; c’est tout un symbole.

 

Monnaie commune, frontières communes, défense commune, fiscalité commune, règles communes, seuls les réflexes nationalistes (désormais largement combattus) freinent l’élan fédéraliste sous-jacent. Napoléon se voulait Empereur de l’Europe, Emmanuel Macron s’en espère peut-être Président.

 

Repost 0
18 mai 2017 4 18 /05 /mai /2017 13:54

 

 

J’écoutais ce matin l’émission de Jean-Jacques Bourdin qui recevait Laurent Berger : beaucoup de bonnes idées pour améliorer le monde du travail, mais pas un mot sur le chômage. Pas un mot sur les trente à quarante pour cent d’électeurs qui votent non pas, comme le disent maints commentateurs, pour Mélenchon ou Le Pen, mais qui votent avant tout contre un système mondial qu’ils rendent responsables de les mettre dans le trou.

 

Or s’il est vrai qu’une large majorité de Français a voté pour l’Europe, le libre-échange, l’abondance de monnaies, les matérialités réelles et virtuelles confondues, un monde où la nécessité de connaissances de plus en plus pointues rejette les moins pourvus ; il n’empêche que les trente à quarante pour cent qui s’estiment exclus méritent une attention que je ne perçois pas dans les élites, qui se disent (peut-être un peu légèrement) qu’après les législatives le problème des « sans dents » ne se reposera que dans cinq ans.

 

Puisque l’Europe est au centre du dispositif voulu par les français, notons que l’Allemagne n’est pas contre une révision des traités européens à condition que la France ait, au préalable, remis de l’ordre dans ce qui contrevient aux engagements actuels : dette et déficit budgétaire pour l’essentiel. De ce fait, coincé entre les impératifs de la zone euro et la dolence économique du pays (déficit commercial, croissance molle, chômage élevé) Emmanuel Macron n’a, comme ses prédécesseurs, que la ressource d’augmenter les impôts. Ce faisant il fera, une nouvelle fois, basculer une partie de la classe moyenne inferieure vers les « sans dents »

 

Repost 0
13 mai 2017 6 13 /05 /mai /2017 15:32

 

 

Lorsque des journalistes lui avaient demandé si son ralliement à « En Marche » avait fait l’objet d’un quelconque accord électoral, François Bayrou l’avait joué grandiose, genre : « Qu’allez-vous penser là ? Ma démarche est strictement patriotique. Je fais don de ma personne à la France sans aucune contrepartie ». Las ! sa posture toute en hauteur n’était qu’illusion. Mécontent du nombre d’investitures allouées, il a, dès hier, crié au vol pour cause de non-respect du deal qu’il avait secrètement passé.

 

Sur ce point, le matois Béarnais semble avoir raison puisque la formation « République en marche » aurait, après renégociations, accordé une centaine d’investitures à son parti lequel, je le rappelle, ne dispose depuis Mars d’aucun Député à l’Assemblée.

 

A la veille de monter sur le trône, Emmanuel Macron entame son mandat sous la pression de François Bayrou comme aux bons vieux temps de la quatrième république. Connaissant le personnage, après François Hollande et Nicolas Sarkozy qui avaient refusé de céder à ses pressions, il semble qu’il ait trouvé en ce jeune Chef d’Etat le moyen de jouer au Président par personne interposée.

 

Déjà trois fois recalé à la Présidence par le peuple de France, ce même peuple qui n’a, et pour cause, une nouvelle fois pas voté pour lui, va devoir pourtant le subir : ce n’est pas demain que la France va réduire son déficit commercial mais les joutes et les petits arrangements entre partis vont refleurir…Qui a dit que la rivière retournait toujours dans son lit ?

 

 

Repost 0
25 avril 2017 2 25 /04 /avril /2017 14:36

Marine le Pen va perdre la bataille mais pas sa guerre…

 

Le jour de son entrée dans la Zone euro, la France a échangé son indépendance contre le bouclier d’une monnaie commune calquée sur le mark allemand. Sortir de cette protection entrainerait de graves perturbations économiques dont les premiers effets toucheraient les plus faibles.

 

Si l’on écarte le voile de la politique spectacle, si l’on fait fi des palinodies de façade, des embrouilles intestines, des ambitions personnelles, on voit bien que les Macroniens, les Républicains, les Mélenchoniens et les Socialistes se retrouvent dans le même camp dont l’objectif essentiel est de rester dans la zone Euro. C’est une force majoritaire qui représente plus de 60% des électeurs.

 

La France va donc rester dans la zone Euro, ce qui est un moindre mal, mais pose tout de même un certain nombre de problèmes dont le chômage et un pouvoir d’achat qui ne permet même plus à ceux qui perçoivent des salaires modestes de se loger correctement.

 

Une fois Président, Emmanuel Macron aura tout à la fois à se plier aux exigences de Bruxelles et à subir la guerre de la part de ceux-là même (comme les républicains) qui incitent aujourd’hui à voter pour lui.

 

A moins d’une conjoncture mondiale et européenne encore plus favorable, les mêmes causes produisant les mêmes effets, le futur Président ne fera guère mieux, en matière de chômage, de déficit commercial, de réduction de la dette, d’insécurité, de lutte contre le terrorisme que ses prédécesseurs. Guère mieux si ce n’est à la marge et dans le temps.

 

A l’abri des vicissitudes du pouvoir le Front National aura dans son rôle d’opposant de beaux jours devant lui. Il cristallisera encore la colère des mécontents : des chômeurs, des mal payés, des laissés pour compte, mais aussi de tous ceux pour qui la soumission à l’Europe blesse le sentiment national… Europe quand même bien peu psychologue lorsqu’elle confie le pouvoir à un ancien chef de paradis fiscal et à un autre de la Golden-Sachs.

 

 

 

 

 

 

Voir les commentaires

Repost 0
21 avril 2017 5 21 /04 /avril /2017 14:08

 

 

Nietzche s’interroge : Pourquoi a-t-on plus d’attrait pour la vérité que pour l’erreur ? Parce que l’on a désir de vérité et crainte de l’erreur. J’écoutais ce matin Benoit Hamon s’exalter (il n’est pas le seul) sur les formidables coruscations françaises qui devraient nous conduire à voir loin pour éclairer l’avenir du monde. Alors que la démocratie va le conduire à sa perte, pourquoi cet homme intelligent lui prête-t-il toutes les vertus ?

 

Les Anciens distinguaient la « forme » (comprise en tant qu’intérêt général) et la corruption, servante des avantages particuliers. La démocratie disait Aristote est corruptrice de la République dans le sens où la majorité n’est que fraction de la masse et ne sert que l’intérêt de cette fraction. Que dire alors de notre système où ce sont les minorités qui déterminent le camp vainqueur ? Cette erreur de prendre pour vrai ce qui est faux tient à notre désir de conserver un système imparfait mais, à tout prendre, meilleur que tous les autres. Faut-il pour autant nous bercer de bobards ?

 

Un autre bobard consiste à croire au fantasme de la présomption d’innocence… Deux terroristes s’apprêtent à commettre un attentat : faut-il les présumer innocents ? Bien sûr que non ! Il faut les présumer coupables et ce jusqu’au jugement.

 

Notre désir du « bien » occulte la vérité, nous n’en avons que l’illusion mais pourrait-on vivre sans elle ?

Repost 0
16 avril 2017 7 16 /04 /avril /2017 12:37

 

--Je n’aime pas votre version de l’affaire Jouyet. (En appel, la 17e chambre du tribunal correctionnel de Paris vous a débouté en appel. Ella jugé que si les éléments produits par les journalistes ne suffisent pas à prouver la véracité des propos litigieux, ils établissent leur « vraisemblance »)

--Je n’aime pas la façon dont vous usez de vos prébendes pour rémunérer femme et enfants.

--Je n’aime pas la manière d’utiliser vos relations pour faire pistonner votre épouse.

--Je n’aime pas votre conception de l’éthique en matière de conseil à des groupes financiers qui pourraient trouver bénéfice dans vos options politiques.

--Je n’aime pas cette méthode qui consiste à accuser l’Etat de sombres manœuvres pour vous absoudre et vous protéger.

--Je n’aime pas votre parole de quatre-sous.

--Je n’aime pas vos références à De Gaulle qui était tout le contraire de votre personnalité.

 

Cela étant, dès le 7 Mai se posera la question d’emprunter à nouveau pour rembourser nos dettes. Votre programme est l’un de ceux qui est le plus près des exigences de Bruxelles, le plus apte à maintenir la protection de l’Euro et la confiance du Marché. N’empêche que les échecs des derniers quinquennats allument, çà et là, des foyers de colère que la brutalité de votre accession au trône et la manque de vision européenne pourrait bien transformer en brasiers.

 

Monsieur Fillon, au-delà de la raison, je ne voterai pas pour vous parce que je crois aussi aux sentiments et que je ne vous aime pas.

 

 

 

 

 

 

Repost 0
14 avril 2017 5 14 /04 /avril /2017 09:16

 

"Dans toutes les question politiques, dans les rapports des partis entre-eux, même dans les partis mercantiles, d’ouvriers à entrepreneurs, ce sont des questions de puissance qui sont en jeu—Il faut se demander d’abord « ce que l’on peut » et après, seulement, ce que l’on doit » *

 

En Europe la puissance c’est Bruxelles, Luxembourg et Francfort. La puissance c’est Junker, Barroso, Draghi et ceux qui font le va et vient entre la Commission et l’empire Golden-Sachs sous l’œil bienveillant du Parlement de Strasbourg. Cette puissance-là protège et soumet la France. Elle la protège par le bouclier de l’Euro qui lui permet d’emprunter à des taux raisonnables, elle la soumet en imposant ses règles de gestion.

Le programme de François Fillon est inspiré (voire piloté) par Bruxelles. Voter Fillon c’est voter Golden-Sachs.

 

*Nietzche.

 

 

Repost 0
7 avril 2017 5 07 /04 /avril /2017 09:09

 

Supposons que je ne joue pas le jeu de la politique spectacle.

Supposons que je prenne le vote au sérieux.

Supposons que je sois de droite. Ça fait beaucoup, mais supposons…

 

Mon candidat est accusé par la justice mais innocent au regard de la loi…Postulations contradictoires qui ne sont pas pour m’aider.

Tandis que les Institutions se fondent sur l’indépendance et l’impartialité de la justice celui-là même qui se veut appelé à les garantir, en dénonce des manœuvres propres à le démolir. Tel Edmond Dantès, François Fillon, victime d’un complot ourdi par le Président Hollande servi par les séides d’un cabinet noir et de la Justice, clame son innocence …Il a les noms et le moment venu sa vengeance sera terrible…Son quinquennat sera celui de Monte-Cristo… Damned ! Entre une République pourrie ou un candidat parano j’ai un peu de mal à choisir.

 

Un ami, qui en connait un rayon, a essayé de m’expliquer : Il ne faut pas voir la politique au travers d’un raisonnement simpliste ; en politique un et un ne fait pas deux. D’abord le manque de congruence entre la mise en examen et la présomption d’innocence est une anomalie nécessaire sans laquelle il serait impossible de présenter quiconque devant un tribunal. Cette bizarrerie ne dure que quelques années (parfois des décennies) mais cesse, tous recours épuisés, dès que les tribunaux rendent leurs derniers verdicts…à moins qu’entre-temps le prévenu soit décédé.

Je vais, me dit-il, te donner un exemple : Michel Sapin, Ministre des finances, pense le plus grand mal du programme économique de Benoit Hamon : Il va donc voter pour lui. C’est ça la logique politique. Si tu as bien compris le principe, partisan du programme de Fillon tu voteras pour Mélenchon.

 

 

Repost 0
30 mars 2017 4 30 /03 /mars /2017 17:04

 

Même si elle se conduit comme une trainée il ne faut pas refuser à la démocratie la transfusion citoyenne dont elle a besoin, au moins, tous les cinq ans. Alors, il faut voter pour Mélenchon, pour Macron, pour Hamon, pour Le Pen ou d’autres candidats

 

A ceux de droite qui voudraient s’abstenir pour ne pas salir l’image de la France en mettant au pouvoir un Président fortement présumé fraudeur et pincé par la justice (Même au pays de Nixon et de Trump on n’a jamais vu ça) je dis : Il faut voter !

 

Repost 0

Présentation

  • : billets d'une pensee ordinaire
  • billets d'une pensee ordinaire
  • : "Les Démocraties ne peuvent pas plus se passer d'être hypocrites que les Dictatures d'être cyniques" Il n’y a qu’une Liberté : celle à se déterminer d’agir de façon morale
  • Contact

Recherche

Liens