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11 octobre 2012 4 11 /10 /octobre /2012 14:29

 

On ne saurait reprocher au Président de la République de vouloir faire en sorte que l’Ecole soit le creuset de l’homogénéité Républicaine et le tremplin de la réussite sociale. Pourtant, dans son discours à la Sorbonne, je n’ai pas vu de vision créative et je ne suis pas certain que ses idées ne se fondent sur des critères aujourd’hui largement dépassés.

 

En 1880, la consolidation du régime politique Républicain passe par l'Instruction Publique. En laïcisant l'école, ils veulent affranchir les consciences de l'emprise de l'Eglise et fortifier la Patrie en formant les Citoyens, toutes classes confondues, sur les mêmes bancs.

C’est le début du formatage Citoyen aux normes de la République. Mais Jules Ferry était conscient qu’un enseignement purement scolaire aurait son talon d’Achille dans le dédain des principes distinguant le bien du mal. Dans une lettre il le rappelle aux enseignants : « En vous dispensant de l'enseignement religieux, on n'a pas songé à vous décharger de l'enseignement moral : c'eût été vous enlever ce qui fait la dignité de votre profession »

Les Instituteurs de l’époque (Hussards noirs de la République) s’étaient investis dans cette mission sacrée et ils s’attachaient à la promouvoir par l’exemple.

 

Mais, que de chemins parcourus ….

D’abord il y avait une sorte de compétition morale entre Religieux et Laïques dans un contexte d’aspirations spirituelles (la richesse des pauvres) devenue obsolète par l’abondance et la culture de consommation actuelle.(1)

Ensuite il y avait aussi, au plus haut point, la notion de Patrie qui n’a lieu d’être que dans un sentiment de Nation en danger.

Pour comprendre cela il faut lire, ou relire, la « Dernière Classe » d’Alphonse Daudet :

 

« ………Tout de même il (M. Hamel l’Instit Alsacien) eut le courage de nous faire la classe jusqu'au bout…. Là-bas au fond de la salle, le vieux Hauser avait mis ses lunettes, et, tenant son abécédaire à deux mains, il épelait les lettres avec eux. On voyait qu'il s'appliquait lui aussi; sa voix tremblait d'émotion, et c'était si drôle de l'entendre, que nous avions tous envie de rire et de pleurer. Ah! Je m'en souviendrai de cette dernière classe...

Tout à coup l'horloge de l'église sonna midi, puis l'Angelus. Au même moment, les trompettes des Prussiens qui revenaient de l'exercice éclatèrent sous nos fenêtres... M. Hamel se leva, tout pâle, dans sa chaire. Jamais il ne m'avait paru si grand.

«Mes amis, dit-il, mes amis, je... je... »

Mais quelque chose l'étouffait. Il ne pouvait pas achever sa phrase.

Alors il se tourna vers le tableau, prit un morceau de craie, et, en appuyant de toutes ses forces, il écrivit aussi gros qu'il put:

«VIVE LA FRANCE!»

Puis il resta là, la tête appuyée au mur, et, sans parler, avec sa main il nous faisait signe:

«C'est fini...allez-vous-en.»

 

Et oui c’est fini, la Patrie n’est plus en danger et d’ailleurs, c’est quoi la Patrie aujourd’hui ? Heureux M. Hamel qui vivait les émotions de son cœur plutôt que celles des balades en camping-car.

 

Maintenant le problème est de trouver des Maitres pour remplacer ceux qui sont absents…. et pour cause : la Médecine a fait tellement de progrès.

Ô Tempora, Ô Mores !

 

1) On retrouve encore dans les Populations Immigrées un besoin de spiritualité, parfois barbare, que nos cœurs désormais desséchés par les excès d’abondance ont du mal à percevoir.

 

 

 

 

 

 

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