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18 juin 2008 3 18 /06 /juin /2008 16:39

A l'occasion du bac ce prof de philo, vu à la télé, a répondu oui. " Étudier la philo c'est apprendre à penser"
Si j'avais étudié la philo et si je savais m'exprimer c'eût été une belle occasion de dénoncer cette bêtise propre à faire sangloter les poules.
Ayant fait mes humanités dans des fosses à cambouis ou en lisant les graffitis des chiottes publiques, j'en suis venu, dans un premier temps, dans le doute même de l'existence de ma propre pensée en ce quelle devrait être assermentée et correspondre au nivellement de principe voulu par la société.Mais la négation de ma pensée ayant pour corollaire celle de mon existence j'ai finalement renoncé.

Je me contenterai donc de m'appuyer sur trois points
1) Selon Alain ( je crois) penser c'est dire non.
2) Un des rares principes que j'ai retenu dans ma petite tête donnait comme essentiel de douter, y compris de sa propre pensée, jusqu'à la mettre à la question pour en tirer, non pas une impossible vérité, mais une approche acceptable dont le seuil est d'ailleurs variable pour chacun. Des lors je me demande comment un prof peut affirmer connaître la philosophie sans douter de sa propre assertion? Et s'il ne peut affirmer la connaître comment peut il prétendre apprendre plutôt que d'inciter?
3) Il resterait encore à démontrer que la philosophie avec toutes ses richesses, mais aussi ses nuances et ses contradictions est un matériau suffisamment stable et défini pour être susceptible d'aperception.

Oui la philo incite, oui elle nourrit, oui elle apporte; non elle n'apprend pas.

D'ailleurs voici ce que dit Nietzsche sur ce sujet:

"Il n'y a pas d'éducateurs,
Comme penseur, on ne devrait  parler que de l'éducation de soi par soi-même.L'éducation de la jeunesse par des tiers est ou bien une expérience, réalisée sur un être encore inconnu, ou bien un nivellement de principe destiné à adapter le nouvel être, quel qu'il soit, aux habitudes et coutumes régnantes; dans les deux cas donc , quelque chose qui est indigne du penseur, besogne des parents ou instituteurs qu'un homme de ceux qui ont la sincérité hardie a appelés " nos ennemis naturels"
Un jour, quand on est de l'avis du monde, depuis longtemps formé, on se découvre soi même; alors commence la tâche du penseur, maintenant il est temps de l'appeler à l'aide--non pas en qualité d'éducateur, mais d'homme qui, ayant fait sa propre éducation, a de l'expérience."

Je dédie ce  billet à mes petits fils pour leur montrer comment on chope un zéro en philo.

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