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30 janvier 2017 1 30 /01 /janvier /2017 14:30

 

Je n’ai pas jusqu’ici répondu à tes lettres et j’ignore pourquoi je le fais aujourd’hui. Ce soir, la grande cuisine s’embrase de reflets sur les cuivres par le feu avivés. Accoudé à la vieille table polie par tant de servitudes, je me laisse aller.

Les chiens vont bien, ils se font vieux mais leur regard patient et doux et fidèle me réchauffe le cœur.

 

Le temps s’avance vers le printemps, déjà, l’aube allume parfois des reflets d’or sur les volets. Après les froidures d’hiver c’est un signe de bonnes récoltes. Les vergers n’ont pas trop souffert et la grande terre couve, en bonne mère, les semences de blé. Les bêtes sont de nouveau aux prés. Dans la ravine le ruisseau s’est remis à chanter.

Je n’ai pas vendu ta voiture, on la remisée dans la vielle grange à côté de celle de mon père dont tu aimais l’odeur des boiseries et du cuir Connoly.

Ta chambre est vide et le salon reste fermé. Je n’ai plus le cœur à chanter. Il me reste le goût de lire et de sentir l’air parfumé mais depuis que tu as pris la fuite j’ai perdu celui d’aimer.

 

 

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