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29 août 2016 1 29 /08 /août /2016 08:01

La démocratie française donne au peuple le droit de choisir les plats hormis celui de participer à la cuisine.

Pourquoi les français sont-ils indifférents à la perte programmée de leurs droits démocratiques ? La réponse est simple : malgré des décennies de gouvernances erratiques, malgré le choc de l’Euro, malgré les guerres et les attentats, malgré les frictions culturelles et communautaires, il fait encore bon vivre en France et les français n’en demandent pas plus.

Le miracle à un nom : La dette. Comme dit mon ami Gaston, grâce à la dette on vit quand même très bien en France. D’autant que celle-ci, puisque couverte par de nouveaux emprunts, n’est pas réellement remboursable et que du fait de la surabondance monétaire, elle est quasiment gratuite. Ce système, qui relève du sirop typhon, n’est pas propre à la France : tous les pays occidentaux y ont plus ou moins recours.

En 1981, lorsque Mitterrand a pris la Présidence, la France était endettée à hauteur de 418 milliards de francs. A peine un an plus tard, il avait déjà poussé la créance à 617 milliards. Depuis ses successeurs ont fait beaucoup mieux puisque la dette actuelle est de l’ordre de 2200 milliards… non plus de francs mais d’euros ! En 1981 le déficit public était nul et la dette représentait 20% du PIB, en 2016 le déficit dépasse 3% du PIB et la dette monte à 100%.

Cela étant, vogue la galère, les capitaines à venir n’auront pas trop de soucis tant que la manne monétaire pourra, sur simple appel, couvrir les déficits. Dans ces conditions, on se demande pourquoi le smic est maintenu aussi bas et les impôts aussi hauts.

Dans son excellent livre « Le Miroir Aux Alouettes » Michel Onfray dit que de Gaulle était un Romain contemporain de Marc Aurèle tandis que le personnel politique du jour relève de Romains du bas empire. Hélas !... Mais peu importe qu’ils soient des nains puisqu’ils ont la force de la dette. Au pays des Petits, les corbeaux sont des aigles.

Les élections seraient, selon moi, le moment choisi pour réclamer un peu de l’honneur citoyen que depuis trente ans les classes dirigeantes ont allègrement bafoué. Les exemples ne manquent pas, je n’en citerai que deux :

--En 2005, à la question « Approuvez-vous le projet de loi qui autorise la ratification du traité établissant une constitution pour l'Europe ? », le « non » recueille 54,68 % des suffrages exprimés. Le traité n’en sera pas moins ratifié. « Gouvernement du Peuple, par le peuple… » Mon œil ! Etonnante (n’est-il pas ?) cette placidité avec laquelle le peuple accepte les coups de pieds au cul de la démocratie.

--Aux dernières législatives le FN et Europe Ecologie les Verts ont obtenu, à peu de choses près, le même nombre de voix. Cela donne deux élus pour les 842000 voix du FN et seize aux 829000 d’Ecologie les Verts ! C’est dire en quel mépris le politique tient le vote citoyen.

BHL, le célèbre maitre à penser, enfonce le clou : il faut, selon lui, mettre sous tutelle l’expression du Peuple. « Le peuple n’a-t-il pas, une fois qu’il s’est exprimé par définition le dernier mot ? A quoi le démocrate, le vrai,(sic) répondra : la démocratie c’est le peuple en effet ; la volonté souveraine du peuple ; mais le peuple peut errer, sa souveraineté s’égarer, il peut, livré à lui-même, se donner de mauvais maitres et choisir, cela s’est vu, de grands et petits Hitler ; alors pour parer au danger, pour conjurer ce péril d’un emportement toujours menaçant, la sagesse des siècles a prévu des recours- à commencer par cette idée d’une assemblée raisonnable supposée dépositaire d’une sorte de commandement supérieur »*

La lignée des cyniques qui se sont succédés depuis Mitterrand, ont-ils été conscients d’attenter au cœur de la République lorsqu’ils s’acharnent à scier la branche démocratique sur laquelle ils mettent, par ailleurs, tant de hargne à tenter de s’assoir ?

*(Texte de BHL cité dans le livre de Michel Onfray Le Miroir Aux Alouettes)

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