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1 novembre 2013 5 01 /11 /novembre /2013 13:05

La démocratie est fondée sur la nécessité du mensonge sans lequel les politiques ne pourraient se faire élire ainsi que sur l’indispensable crédulité des citoyens sans laquelle ils ne les éliraient pas : Mais pour qu’un mensonge soit utile encore faut-il qu’il soit cru.

C’est ce que l’on appelle, sans doute avec raison, le meilleur des systèmes, car c’est le mensonge de l’un et la crédulité de l’autre qui font, dans un couple, les plus solides mariages. Je veux dire par là que l’indispensable mensonge politique ne présente d’inconvénient que lorsqu’il est réfuté par le peuple.

Les politiques intelligents prennent en compte le facteur d’apathie populaire comme ingrédient majeur de leur cuisine. C’est précisément sur l’atonie populaire que s’appuie François Hollande pour faire l’exact contraire de ce qu’il avait promis… (Je renégocierais le pacte de stabilité etc.)

« Croyez-vous à l’insurrection fiscale ? » demande Yves Calvi à l’éminent politologue Roland Cayrol : « Bien sûr que non » répond celui-ci … Cela veut dire que même en slip le peuple reste indolent, apathique, aboulique et tutti quanti …

Certes, ce n’est pas d’aujourd’hui que l’on prend les gens pour des imbéciles, sans remonter bien loin, en 1870, juste à la veille d’une branlée mémorable, le Maréchal Leboeuf déclarait sans vergogne à l’Assemblée « Nous sommes prêts, archi prêts ; quand la guerre devrait durer un an, il ne nous manquera pas un bouton de guêtre ! »

En 1940 nos politiques affirmaient que la route du fer était coupée et que nous vaincrions parce que nous étions les plus forts….On a vu la suite !

En a-t-il fallu des Mélenchon pour qu’après des années et des siècles de servage le Peuple se décide enfin à réagir…M. Cayrol a sans doute raison : ce n’est pas demain la veille que les Bretons se reverront en Cadoudal…

Quoique ! Peut-être faudrait-il prendre en compte deux mouvements inverses : tandis que la conscience des peuples se fait plus vive grâce à l’éducation et aux réseaux sociaux, celle des politiques régresse depuis qu’ils ont remplacé le bistrot du coin par des experts et des conseillers.

A propos d’experts, je conçois la colère de Bernard Maris contre les Bretons sous réserve de la circonscrire à un contexte idéologique au sens non péjoratif du terme. De ce point de vue, on comprend sa peine de les voir refuser de sacrifier dans l’immédiat quelques milliers d’emplois contre le nécessaire avenir d’exploitations plus écologiques.

M. Maris a fondamentalement raison sur un certain nombre de points et ce serait un homme épatant s’il voulait bien articuler ses pensées avec la réalité (politique s’entend)

La réalité politique ne s’attache pas tant à l’intrinsèque vérité des choses qu’à la croyance que le peuple en a. On est dans la réalité politique lorsque l’on fait croire à ce que l’on dit.

Encore faut-il ne pas pousser le bouchon trop loin. Comme celui-ci, quand il affirme qu’il n’y pas de relation de cause à effet entre l’augmentation des taxes et le chômage ou celui-là qui prétend que le chômage baisse dès qu’il augmente moins… On peut prendre les gens pour des idiots, à la stricte condition qu’ils ne s’en aperçoivent pas.

En ce moment la difficulté consiste à vendre un bonheur futur contre une peine du présent. L’art politique c’est transformer la souffrance en plaisir, du masochisme en quelque sorte !

En somme, c’est l’art de transformer la souffrance en plaisir…Il faut embaucher des masochistes !

«L’Homme a été taillé dans un bois si tordu qu’on ne pourra jamais en tirer quelque chose de droit » Avec le bois très tordu des Français on peut faire des choses magnifiques …Les socialistes s’acharnent à le redresser…Quel dommage et quelle erreur !

Yves Calvi « C dans l’air » 28/10/2013

Bernard Maris «C dans l’air» 29/10/ 2013

Un constat implacable qui s'explique par l'incapacité des dirigeants européens à prendre les décisions en faveur d'une meilleure compétitivité. Sans jamais attaquer nommément François Hollande ou le gouvernement français, l'ancien ministre socialiste critique vertement l'absence de "leadership" des dirigeants européens. "Ils se cachent tous derrière la BCE pour camoufler leur inaction", juge l'ancien patron du FMI, qui souligne le contraste avec le volontarisme et la détermination des principaux leaders lors de la tempête déclenchée par la chute de Wall Street en 2008. Face à un public d'économistes européens, asiatiques et américains, DSK a brossé le tableau sombre d'une Europe sans cap ni capitaine, vouée à la stagnation et perdant peu à peu sa crédibilité sur la scène internationale. Rien que ça !

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